Introduction et reprise
Bonjour les audacieuses, comment allez-vous aujourd’hui ?
Je suis ravie de reprendre mes épisodes et, en l’occurrence, une halte en gare avec vous en ce début de septembre. J’espère que ma pause estivale n’a pas été trop longue pour vous et que vous avez pris soin de vous et du temps pour vous.
Pour commencer cette reprise, je commence avec une halte en gare, donc avec un livre comme je le faisais précédemment.
Cependant, petit changement par rapport au début de l’année : je vais tester pendant deux mois de faire des épisodes tous les quinze jours, pour voir ce que cela donne et si cela vous convient mieux. C’est aussi parce que je me rends compte que ce thème du temps est très important pour moi. Nous nous laissons trop souvent happer par le rythme des autres et, même si j’ai beaucoup ralenti, que je suis beaucoup plus dans la lenteur, j’aimerais que vous aussi puissiez prendre ce temps et le trouver. Pour cela, vous avez besoin de plus de temps pour vous et pour digérer les épisodes. C’est pourquoi faire les épisodes tous les quinze jours me paraît plus adapté et en cohérence avec la thématique de ralentir, prendre le temps. Ainsi, vous instaurerez vraiment et plus facilement un temps pour vous.
Rituel du slow train avec les cheveux
Pour rester dans la lenteur, je vous propose, comme à chaque fois, de faire notre rituel du slow train : monter dans ce train, dans un train lent, adapté à vous et qui va vous laisser prendre votre temps.
Installez-vous confortablement, choisissez la posture qui vous convient aujourd’hui : allongée, assise, accroupie, en lotus, que sais-je. Expirez, expirez trois fois pour vraiment donner la mesure, rappeler à votre corps, à votre esprit que c’est votre moment de détente, de pause, même si elle est très courte — moins de cinq minutes — car c’est déjà cela de gagné, déjà cela de pris pour vous.
Une fois que votre respiration est plus lente et plus adaptée à ce moment de pause, vous allez pouvoir commencer à regarder ce qui se passe dans votre corps. Pour être en lien avec la thématique de la halte en gare où nous allons nous concentrer sur les cheveux, sur notre tête. Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui vient en vous ? Des images, des couleurs, des textures ? Peut-être que vous passez votre main dans vos cheveux, peut-être qu’au contraire vous ressentez vos cheveux, la racine de vos cheveux, peut-être que vous entendez tous ces crissements lorsque vous passez votre peigne, votre brosse, que vous les démêlez, lorsqu’il y a des nœuds.
Prenez ce temps, ce temps avec vos cheveux. Peut-être que c’est exceptionnel pour vous, que c’est la première fois, une occasion plutôt rare de vous pencher sur vos cheveux, de les regarder autrement et de les ressentir. Prenez ce temps et, si vous en avez besoin de plus, mettez sur pause.
Présentation du livre Histoire sentimentale de mes cheveux d'Estelle-Sarah Bulle,
Nous commençons avec la halte en gare, avec ce livre Histoire sentimentale de mes cheveux d’Estelle-Sarah Bulle, écrit chez Bayard Récit, que j’ai lu cet été et qui m’a vraiment marquée. C’est pourquoi j’avais envie de vous le partager, de vous en faire une halte en gare, car j’ai trouvé très intéressante son écriture et son sujet.
Question : avez-vous déjà regardé vos cheveux comme les témoins de votre histoire ? Est-ce que prendre soin de vos cheveux pour se reconnecter à soi, cela vous parle ?
Je vais essayer, à travers mon cheminement, de vous interpeller, de voir si vous arrivez vous aussi à vous reconnecter à vos cheveux.
Comparaison des parcours capillaires
Estelle-Sarah Bulle est une écrivaine, je crois que c’est son quatrième livre — c’est une métisse aux cheveux crépus, car elle est le mélange entre la Guadeloupe, la France et la Belgique. Alors que moi, je suis 100 % française avec des cheveux raides, lisses qui étaient blonds voire châtain clair. Donc, complètement l’opposé, voire même la représentation idyllique dans son livre pour les personnes qui ont des cheveux crépus comme elle, parce que justement nous leur demandons d’avoir les cheveux le plus lisses possible. Alors que moi, au contraire, j’ai eu ma période où j’aurais voulu changer mes cheveux lisses pour des cheveux beaucoup plus bouclés, ondulés.
L'adolescence et la quête d'identité capillaire
Peut-être que vous êtes dans cette phase-là, jeune demoiselle, en pleine rébellion, où vous avez envie de marquer votre passage, votre identité. Peut-être que cette identité, finalement inconsciemment, c’est une identité liée à la mode, liée aux autres. Car quand, adolescente, j’ai voulu avoir des cheveux ondulés, bouclés, c’était une période où il y avait beaucoup de permanentes. Je l’ai testée sur mes cheveux et cela a été un désastre : cela les a fortement abîmés et vraiment je m’en suis voulu, car finalement cela n’a rien changé. Au contraire, mes cheveux étaient devenus du foin, et je n’avais rien gagné ni en volume ni en ondulation. Mes beaux cheveux lisses, brillants que j’avais envie de changer parce que je trouvais cela fade, sans mouvement, sans rythme et sans possibilité de changer, d’avoir d’autres coupes de cheveux — puisque moi c’était souvent un carré qui se faisait automatiquement — j’avais désormais des cheveux abîmés, rêches et secs.
Estelle-Sarah a eu la même expérience. Elle aussi, elle est passée par la même étape. À l’adolescence, il y avait une coupe qui était vraiment admirée, une coupe très particulière où il fallait mettre des produits chimiques pour les défriser. Or, elle aussi elle était déçue et elle s’était abîmé les cheveux pour finalement un résultat qui n’était pas du tout à la hauteur de ses espérances.
Nos cheveux, témoins de notre histoire
Nos cheveux gardent ces souvenirs. C’est pour cela que souvent les coiffeurs nous disent qu’ils sont le reflet de notre santé, et qu’il faut de temps en temps au moins faire les pointes. Surtout quand ils ont été abîmés avec des produits chimiques ou plus naturels, mais qui sont quand même contraignants par rapport à la texture de votre cheveu : cela les abîme pendant un certain temps. Plus vous allez insister, plus vous allez les soumettre à ce genre de produits ou les lisser régulièrement, trop régulièrement, cela va avoir des conséquences après. Cela montre aussi comment nous nous acceptons et nous nous aimons tels que nous sommes.
L'acceptation tardive et "mieux tard que jamais"
C’est là où moi il m’a fallu beaucoup plus de temps : il m’a fallu attendre 40 ans pour enfin commencer à accepter mes cheveux. Heureusement qu’entre-temps, après cet incident à l’adolescence, j’ai fini par me résigner plutôt que d’accepter mes cheveux. Heureusement, lorsque j’étais salariée, certaines collègues qui avaient d’autres cheveux — pas aussi crépus qu’Estelle-Sarah, mais qui avaient vraiment des cheveux qui s’emmêlaient, qui étaient vraiment difficiles à peigner, voire qu’il fallait parfois tresser pour justement qu’ils ne deviennent pas une crinière trop impressionnante et trop visible ou pour qu’ils ne partent pas dans tous les sens — je me suis rendu compte que, pour elles, c’était vraiment un avantage mes cheveux.
En effet, lorsque nous faisions de la gym entre 12 et 14 h, nous avions peu de temps pour sécher nos cheveux et nous peigner. Or, moi, en cinq minutes ils séchaient, je passais mes doigts dans mes cheveux et mes cheveux reprenaient leur forme initiale à savoir un carré ou brushing parfait. Alors que mes collègues, elles, devaient les brosser, les attacher, les soumettre avec des barrettes, des chouchous et des épingles pour qu’ils restent un tant soit peu bien peignés selon la norme de la société.
L'acceptation à la quarantaine
Comme moi, Estelle-Sarah Bulle, vers la quarantaine, a enfin accepté ses cheveux tels qu’ils étaient. Pour moi, c’est un signe que nous commençons à développer notre acceptation de soi, à nous aimer tels que nous sommes et à cultiver une confiance en soi authentique. Nos cheveux nous le rendent bien, car ils sont — ou en tout cas, pour moi — beaucoup plus soyeux, beaucoup plus brillants. Nous en prenons soin, même si pour Estelle-Sarah cela demande du temps tous les jours pour les tresser alors que pour moi, c’est toujours aussi facile.
L'acceptation des cheveux blancs
Quand j’ai commencé à avoir de plus en plus de cheveux blancs, j’ai enfin accepté cette mèche blanche qui était apparue quand j’avais 20 ans et qui devenait de plus en plus visible. J’ai commencé à accepter mes cheveux avec leur couleur du moment, qui étaient plus blancs que la norme ou des gens autour de moi — ou parce qu’ils se faisaient une couleur. Or, moi, je ne voulais pas : je ne faisais, jusqu’à ce moment-là, que quelques mèches, et en plus je trouvais que cela me donnait de l’eczéma au niveau du cuir chevelu. Donc je voulais vraiment faire attention et éviter que cet eczéma ressorte.
J’ai donc fini par accepter ce blanc, car mes cheveux devenaient de plus en plus blancs. Cependant, il y a eu un moment difficile avec les cheveux gris — moi, je ne sais pas comment vous passez ce cap et si un jour vous en êtes à ce cap-là — mais moi, les cheveux gris me faisaient vraiment un visage sérieux, très froid. C’est plutôt avec mes cheveux blancs, et parce que j’adorais les cheveux blancs de ma grand-mère maternelle — petite, j’étais déjà en admiration devant ses beaux cheveux blancs — peut-être que cela m’a aidée à accepter plus tôt mes cheveux blancs.
Cela s’est donc fait assez progressivement. J’ai eu la chance car comme j’ai à l’origine des cheveux châtain clair, c’est allé petit à petit vers le blanc. Avec le soleil, l’été, mes cheveux sont un peu moins blancs, des mèches blondes ressortent encore.
La fierté retrouvée
En tout cas, aujourd’hui, à presque 50 ans, j’en suis pleinement fière, j’admire mes cheveux.
Le petit plus, c’est quand les coiffeurs me disent que j’ai raison de garder ma couleur naturelle, de les laisser tels qu’ils sont, de ne surtout pas faire de couleur, car ils sont très beaux ainsi. Même certaines de leurs clientes me demandent quelle est ma couleur, quel est le nom de ma couleur, et je leur dis : « C’est une couleur naturelle, ce n’est pas une couleur que je me suis faite. » De plus en plus, elles commencent à se dire que cela serait bien aussi pour elles, parce que vraiment c’est très joli. Même si elles la trouvent très jolie sur moi, elles ne sont pas encore passées à l’acte. Cependant, j’ai une amie qui, elle, a réussi petit à petit à passer ce cap.
Cela fait cinq ans que je prends soin de mes cheveux blancs. J’ai un rituel qui s’est mis en place car ils ont besoin d’un peu plus de soins que les cheveux de naissance. Ainsi, comme pour tous les cheveux blancs, je mets un produit bleu, le plus naturel possible, pour les rendre encore plus blancs, soyeux et brillants, et éviter cette espèce de couleur jaunâtre — pas du blond, vraiment jaunâtre — qui ternit le cheveu blanc, et encore plus avec la pollution de Paris.
Donc, j’en prends soin et c’est devenu un rituel car je prends le temps de faire ce shampooing et, surtout, après, je prends un temps pour les démêler doucement puis les admirer. Je ne peux pas dire qu’ils s’emmêlent comme la plupart des cheveux, mais quand même ils sont un petit peu plus emmêlés qu’ils ne l’étaient, et ils sont légèrement un peu plus souples. Comme quoi, nous finissons par avoir ce que nous souhaitons quand nous en prenons soin !
L'évolution des cheveux au fil de la vie
Entre nos cheveux de bébé, d’adolescente, de jeune femme et ensuite de femme voire de femme mûre, ce n’est pas la même texture : cela va légèrement changer. Il va y avoir des changements de couleurs comme dans votre vie, les changements de passage entre l’adolescence, la femme et la maturité ou la sagesse, comme les différentes étapes au niveau professionnel et autres.
C’est pour cela qu’il y a toute une histoire et une histoire sentimentale avec nos cheveux qui peuvent aller de la haine à l’amour, comme dans toute relation.
C’est pour cela que lorsque nous finissons par nous accepter et vraiment nous aimer, nous finissons aussi par accepter nos cheveux, même si nous avons eu une période où nous voulions une autre tête, d’autres cheveux, d’autres textures — un peu comme la voix : beaucoup n’aiment pas leur voix.
L'identité et l'acceptation de soi
Je suis presque sûre que beaucoup d’adolescentes n’aiment pas leurs cheveux, et à mon avis, c’est juste parce que nous avons du mal à nous trouver, à trouver notre identité et à accepter cette identité. Parce qu’elle est déformée par les autres et souvent elle n’est pas ce que nous voulons, et surtout elle ne correspond pas complètement à qui nous sommes vraiment car nous sommes en évolution, changement constant ou presque. Il n’y a qu’une part, qu’une petite image de qui nous sommes, avec souvent un prisme déformé — même si les autres ne le font pas sciemment, ni méchamment ou de façon consciente — et c’est cela qui nous rend les choses difficiles.
Or, il y a quand même des personnes qui acceptent leurs cheveux depuis le début car elles se sentent très bien « dans leur peau ». C’est d’ailleurs ces personnes-là que nous admirons, parce qu’elles ont une confiance totale, elles sont sereines, et cela se voit dans leur posture, dans leur aura, dans leur façon de marcher, de se tenir. Elles se sont acceptées telles qu’elles sont et on le leur a confirmé. C’est pourquoi je vous appelle les audacieuses pour que peu à peu vous soyez un peu plus audacieuses, que vous finissiez vraiment par y croire et le ressentir.
Invitation à la reconnexion
Chères audacieuses, auditrices, je vous le souhaite aussi : de prendre ce temps de vous reconnecter à vos cheveux, de les toucher, et de les toucher vraiment, de prendre le temps de les toucher, de prendre le temps de les peigner, de voir ce que cela change pour vous, en vous, quelles sensations vous percevez désormais ou quel bruit vous écoutez, vous vous souvenez comme ce bruit de la brosse, du peigne, de vos doigts qui passent dans vos cheveux.
Prenez un temps pour vous avec vos cheveux après cet épisode, regardez-les vraiment et, si possible, sans filtre, regardez-les tels qu’ils sont. Puis voyez ou dites-moi comment vous vous sentez après.
Parmi les étapes évoquées, vous, à quelle étape en êtes-vous ?
Partage et transmission
Comme d’habitude, si vous avez envie de le partager avec moi, de me dire où vous en êtes, ce que vous avez ressenti, éprouvé, si c’était la première fois que vous preniez ce temps avec vos cheveux ou que, pour une fois, vous les avez traités avec douceur et bienveillance — et pas « Il faut que je peigne mes cheveux, il faut que je passe encore une demi-heure à les brosser, à les démêler, j’en ai marre, c’est tous les jours » — j’en serais heureuse. Venez donc partager ces moments avec moi.
Si vous vous en sentez le courage, profitez-en aussi, si vous avez dans votre entourage proche ou lointain — pas forcément de la famille, une personne qui hésite, qui est justement à une étape intermédiaire avec ses cheveux — et suivant les prises de conscience que vous avez eues avec vos cheveux, parlez-lui de votre histoire, ou de ce livre ou de cet épisode. Pour qu’elle puisse elle aussi continuer son chemin, faire peut-être une prise de conscience et qui sait enfin apprécier ses cheveux, se réconcilier avec ses cheveux pour se réconcilier avec elle-même. Car j’en suis sûre, cela peut être un bon moyen de se réconcilier avec soi-même et enfin faire la paix avec soi-m’aime*.
Conclusion
Rappelez-vous cet épisode de « faire la paix avec soi-m’aime* » (cf épisode 45 https://youtu.be/_EOt2PcPGlY) : peut-être que pour certaines, cela passera par les cheveux pour avoir un peu plus de confiance en elle, ou de calme et de sérénité, en appréciant leurs cheveux. Sans faire un rituel d’une heure sauf envie ou nécessité, prenez le temps et du temps avec vos cheveux, même de temps en temps.
Après cet épisode, faites-le juste pour essayer et utiliser vos cinq sens. Profitez de ce temps pour vous.
Voilà, chères audacieuses, je vous laisse avec vos cheveux et je vous dis à dans quinze jours !
PS : Si vous voulez écouter cet épisode ou le réécouter, vous le pouvez sur votre plateforme préférée (Apple Podcast, Goodpods, Amazon Music, Castbox, Spotify, Deezer, YouTube https://youtu.be/zRthiumyW9Q…) en tapant « Osez une autre voie ». Bonne écoute !
PSS : j’ai utilisé l’IA pour transcrire mon épisode audio en une version écrite afin de pouvoir l’améliorer et la retravailler.