Prenez-vous un rendez-vous avec vos yeux ?

Dans cette première interview sous le nouveau nom du podcast Rendez-vous avec vous-m’aime, j’ai le plaisir d’accueillir Xanath Lichy. Xanath est l’autrice notamment du livre Yoga des yeux, dont c’est la troisième édition chez Hachette depuis septembre 2025.

Une conversation lumineuse sur la vision naturelle, l’autonomie et la façon dont de simples gestes pratiqués en douceur et à tout âge peuvent changer notre rapport à nos yeux. Et peut-être, changer notre vie.

Petit rappel : le yoga des yeux n’est pas une pratique médicale. Il ne remplace ni un suivi ophtalmologique, ni un traitement prescrit par un spécialiste, c’est une approche complémentaire de bien-être, à intégrer en plus, jamais à la place de vos rendez-vous de santé habituels. 

Qui est Xanath Lichy, autrice du Yoga des yeux ?

Photo de Xanath Lichy, autrice de Yoga des yeux

Sophie : Bonjour les audacieuses et les auditrices, bienvenue dans ce nouvel article. Aujourd’hui, c’est ma première interview et j’ai le plaisir de partager ce moment avec Xanath Lichy, qui est notamment l’autrice du livre Yoga des yeux, mais pas que. J’ai déjà écrit un article, centré surtout sur la 1ère édition de ce livre. Aujourd’hui, j’ai vraiment la joie, le plaisir de faire cette interview avec Xanath pour parler et vous présenter sa troisième édition, qui est parue en septembre 2025. On va donc prendre aujourd’hui un rendez-vous avec nos yeux. Il n’y aura pas de rituel du Slow Train, vous pouvez le retrouver à part si vous en avez besoin. Aujourd’hui, c’est vraiment Xanath qu’on accueille. Bonjour Xanath !

Xanath : Bonjour, merci beaucoup de m’accueillir, je suis ravie d’être là.

Sophie : Xanath, j’ai juste dit en introduction que vous étiez notamment l’autrice du livre Yoga des yeux, mais est-ce que vous pouvez vous présenter un peu plus et surtout nous dire pourquoi cet intérêt pour le yoga des yeux ?

Xanath : Oui, merci beaucoup de m’accueillir pour ce rendez-vous, en l’occurrence avec nos yeux. Moi, je m’appelle Xanath, c’est mon prénom. Les gens se demandent souvent qu’est-ce que c’est que ce prénom. C’est mon prénom de naissance et c’est un prénom maya, donc voilà pour les gens qui se poseraient la question.

En fait, je suis devenue myope et astigmate dans mon enfance, comme un tas d’autres enfants, vers l’âge de 7 ans – 8 ans et j’ai donc porté des lunettes pour la myopie pendant près de 30 ans de ma vie, avec une petite correction aussi pour l’astigmatisme. J’étais dépendante des lunettes, ce qui a fait qu’à l’âge adulte, pour vraiment raccourcir toute cette histoire, j’ai cherché des solutions parce que je ne supportais plus de devoir porter des lunettes. J’avais une myopie qui était quand même à moins 6 et j’étais vraiment dans le brouillard. Si je n’avais pas de correction, il y avait plein de choses que je ne pouvais pas faire et ça me pesait, ça me contraignait.

Il se trouve que je travaillais dans le domaine de la télévision, de l’audiovisuel, mais je me suis toujours intéressée à la santé naturelle, aux médecines douces et au développement personnel. Et donc, en parallèle de mon travail à la télévision, qui me passionnait, je faisais du développement personnel, ce qui n’était pas très à la mode à l’époque, je vous parle des années 1990. J’allais à des séminaires et j’ai découvert les bienfaits de la relaxation, la pensée positive, je trouvais ça passionnant, formidable. Et c’est dans ces stages, au cours de ce parcours, que j’ai entendu parler d’une méthode naturelle pour récupérer sa vue et se débarrasser de ses lunettes. Et je me suis dit : je vais le faire.

Je n’ai pas remis ça en question, ce que font la plupart des gens. On ne nous parle tellement pas de ces méthodes que la première réaction, bien souvent, c’est : n’importe quoi, ce n’est pas possible. Si c’était vrai, ça se saurait. En ce qui me concerne, je n’ai pas réagi comme ça, parce que je viens d’un milieu très pro-homéopathie, santé naturelle, se prendre en charge soi-même. Et quand on m’a parlé de ça, je me suis dit : après tout, on peut rééduquer une jambe, un bras, pourquoi on ne pourrait pas rééduquer des yeux ? Je vais le faire.

J’y ai cru, j’étais motivée. En 1993, j’ai fait mon premier stage, pour moi, en tant que participante. Dans ce stage, où on parlait beaucoup de vision naturelle et de tout ce qui va autour, il y avait ces pratiques de yoga des yeux. On nous donnait plein d’exemples de gens qui avaient récupéré naturellement en vision. J’insiste bien : il n’y a pas d’opération, il n’y a pas de médicaments, rien. Il vous faut juste vos yeux, vos mains et c’est tout.

J’étais très motivée, je l’ai fait. En quelques mois, j’ai récupéré une dioptrie, je me suis débarrassée de l’astigmatisme, puis j’ai récupéré une deuxième dioptrie. Je mettais de moins en moins mes lunettes, j’ai fait refaire des lunettes mais moins fortes, la correction pour la myopie baissait. Et ça m’a passionnée. J’ai fait des recherches, j’ai lu des livres, j’ai échangé, alors qu’au début, j’avais vraiment fait cette démarche pour mes yeux, ma vue, ma vie, moi-m’aime*.

J’ai eu envie, au bout de quelques années, de partager ça, parce qu’il y a énormément de gens qui ont des problèmes de vue dans notre monde. À l’époque, c’était moins de 50 % de la population, ce qui était déjà énorme. Et je me suis dit : s’il y a des gens qui, comme moi, cherchent comment prendre soin de leurs yeux, qui ont envie de sortir de cette fatalité parce que c’est présenté comme une fatalité, la baisse visuelle, eh bien j’ai des choses à leur partager, parce que je les ai faites et ça marche.

Je ne portais plus de lunettes, j’avais retrouvé 80 % de ma vue. Ce n’est pas la vision parfaite, mais ça avait tout changé. Je vivais sans lunettes, je voyageais sans lunettes, j’allais au cinéma sans lunettes. Le seul moment où je portais encore des lunettes, et c’est toujours le cas, c’est quand je conduis, parce qu’il y a une petite myopie, et je ne veux pas me mettre en danger.

C’est comme ça qu’en 1998, j’ai proposé mes premiers stages d’amélioration de la vue avec ces pratiques de yoga des yeux. J’ai découvert que j’adorais partager ça, partager la santé naturelle, l’autonomie, un autre point de vue, un autre regard sur ses yeux, sur sa vue. Nous étions très peu à parler de ça et à le proposer.

Et puis, de fil en aiguille, c’est devenu mon activité principale, avec effectivement, tout au long du chemin, l’écriture de plusieurs livres. Ce sont les éditeurs qui sont venus me chercher pour écrire les livres. Moi, ça m’allait très bien de faire des stages et des conférences. J’aimais parler, rencontrer les gens. Me mettre derrière un ordinateur pendant des mois pour écrire… Non, vraiment, je ne m’y voyais pas. Mais quand les éditeurs sont venus me chercher, j’ai dit : si on me fait cette offre, je ne peux pas la refuser.

Quand Hachette est arrivé, j’avais déjà écrit un livre avec les éditions GRANCHER en 2004 alors là, j’ai dit : mais c’est incroyable ça. Hachette s’intéressait à la santé naturelle et était très intéressée pour faire un livre sur le yoga des yeux. Cette première édition est sortie en 2017 et il a très bien marché. Ils ont dû rééditer, puis ils ont fait une nouvelle édition en 2021. Mais c’est surtout pour la troisième édition, sortie en septembre 2025, qu’on a rajouté au moins 30 pages. Ils ont à nouveau refait la couverture, la maquette. C’est vraiment un joli livre. Et ça permettait de toucher un public différent, ce qu’on appelle le grand public, plus large que les salons de développement personnel, les conférences dans des associations où je touchais déjà un public, un petit peu ouvert à ces méthodes-là.

Des yeux sans âge : le yoga des yeux pour tous

Sophie : C’est très enrichissant. Et je suis d’accord, mes interviews, c’est pour justement proposer d’autres voies, pour montrer qu’il y a des personnes qui ont tenté, expérimenté, essayé des choses, qui ne sont pas suffisamment diffusées et qui sont parfois inconnues du grand public et pourtant qui ont tous leurs avantages.

Pour revenir sur cette troisième édition, c’est pas que pour les enfants, mais c’est ce rajout qui a été fait sur les enfants. Est-ce qu’on peut en parler plus ?

Et je précise à mes auditrices et mes audacieuses que si vous n’avez pas d’enfants, ça marche aussi avec vos neveux, nièces, filleuls et autres. Dès que vous avez des enfants autour de vous, amusez-vous avec ce que va nous raconter Xanath pour que tout le monde prenne soin de ses yeux et prenne des rendez-vous avec ses yeux. Donc Xanath, est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?

Xanath : Oui, alors je vais juste finir quelque chose sur mon parcours parce que ça marque les gens aussi. Quand j’ai commencé à m’occuper de mes yeux, j’avais 35 ans et c’était pour un problème de myopie et d’astigmatisme. Mais donc, c’était en 1993, le temps a passé. Je n’ai plus du tout 35 ans. J’ai continué à prendre soin de mes yeux et à pratiquer, à les entretenir, comme on entretient son corps. Ce n’est pas qu’à un moment donné ça va mieux et on se dit : oh, je n’ai plus besoin de m’occuper de mes yeux, je laisse tomber. Non, c’est comme le corps. Ça va être un entretien qui ne prend pas beaucoup de temps. En tout cas, moi, je l’ai fait tout au long de ma vie. C’était toujours par rapport à cette myopie et je voulais récupérer encore plus.

Cependant, ce qui m’est arrivé et qui bluffe tout le monde, c’est que j’ai zéro presbytie, alors que j’ai largement dépassé l’âge annoncé de la presbytie. Et je suis persuadée que c’est parce que j’ai pratiqué ce yoga des yeux, cette gymnastique oculaire, que je me suis occupée de mes yeux. Je les ai bien nourris aussi. Je parle de l’alimentation, de l’état d’esprit, il y a tout un ensemble. Eh bien, jusqu’à maintenant, je peux lire les plus petites lettres d’une notice de médicaments ou d’un produit sur une étagère dans un magasin. Je lis tout et facilement.

Donc voilà, on va pouvoir aider les gens de tous les âges. Le yoga des yeux, il n’y a pas d’âge pour le pratiquer. Les personnes les plus âgées qui sont venues me voir avaient 90 ans passés et en ont ressenti des bienfaits. Un monsieur de 81 ans n’avait plus besoin de lunettes pour lire. Donc, voilà, il n’y a pas d’âge dans ce sens-là.

Les enfants et la vue : un fléau silencieux que le yoga des yeux peut prévenir

Couverture du livre Yoga des Yeux - 3ème édition de Xanath Lichy

Xanath : Mais il n’y a pas d’âge non plus pour les enfants. Évidemment, plus l’enfant va être petit, plus il va falloir lui faire des séances courtes. Il va falloir tourner ça comme un jeu. Il va falloir semer des graines chez les enfants pour leur dire : tu sais, tes yeux, c’est important de s’en occuper.

Ce que j’ai observé au fil de ces années, c’est que de plus en plus d’enfants avaient des problèmes de vue. Ça a doublé, triplé depuis les années 1970. Et évidemment, je suis sensible à ça, puisque moi j’en ai souffert quand j’étais petite fille. D’un seul coup, je ne pouvais plus faire de la natation parce que j’avais besoin de lunettes. L’équitation, c’était un peu dangereux avec des lunettes. La danse, oh là là, danser avec des lunettes. J’en ai souffert. Je sais ce que ça fait. Et puis les moqueries des autres enfants.

Je vois de plus en plus d’enfants qui ont des lunettes dans la rue aussi. On voit des petits bouts de chou d’un an, on leur met déjà des lunettes. Ça n’arrivait jamais avant.

J’ai discuté avec des professionnels de la santé des yeux, des orthoptistes, des optométristes, etc., qui ne sont pas forcément d’accord avec ces nouvelles tendances de mettre des lunettes si tôt. Si un enfant ne voit pas bien, se casse la figure, se cogne dans les murs, bien sûr, il faut faire quelque chose. Mais il semble que si l’enfant peut fonctionner, il faut laisser la vue se former. Un enfant, quand il naît, sa vue n’est pas du tout formée. Il va y avoir des phases dans la petite enfance, jusqu’à 6 ans à peu près, où les yeux vont passer par des phases d’hypermétropie, de myopie. Mais c’est en train de s’équilibrer, s’ajuster. Ce que me disaient ces professionnels : si on met des lunettes trop tôt à l’enfant, on va figer le problème. Alors que peut-être il serait parti naturellement.

Moi je ne suis pas médecin du tout, mais j’observe ça. Et je me suis dit : peut-être c’est bien de transmettre le message aux parents, pour qu’ils puissent aussi le transmettre à leurs enfants. Les problèmes de vue ne sont pas une fatalité. Et peut-être que si on fait des petits exercices sous forme de jeu, si on dit aux enfants : tu sais, peut-être que là, tu as besoin de mettre des lunettes, mais ça n’est pas définitif, on va faire ce qu’il faut pour rééduquer.

En tout cas, ce fut ma proposition à Hachette  : puisqu’on va rééditer, qu’on va ajouter des pages, j’aimerais consacrer un chapitre aux enfants, parce que c’est en train d’être un vrai fléau. Et plus ça commence tôt, plus ça peut s’aggraver à l’âge adulte. Par exemple, des gens qui ont de fortes myopies sont plus propices à développer un décollement de la rétine ou à l’âge adulte, un glaucome. Donc, ce n’est pas que : on va lui mettre des lunettes et puis voilà. L’œil, c’est une structure vivante, fragile, délicate, très complexe. Banaliser le fait que ce n’est pas grave, ce n’est pas forcément une bonne idée.

Alimentation, écrans, lumière naturelle : les piliers pour préserver la vue des enfants

Xanath : Je donne aussi des conseils aux parents sur l’alimentation. L’alimentation de tout un tas d’enfants est une aberration. Il faut arrêter de bourrer les enfants de sucre, de soda, d’alimentation toute faite. 

De la même façon, sensibiliser les parents au danger du portable pour les tout-petits. Là aussi, on entend : « On ne peut pas lui dire non ». Si, je connais des parents qui disent non, qui mettent des cadres très fixes, peut-être qu’ils peuvent paraître sévères, mais qui font que l’enfant ne passe pas des heures sur leur écran. Ils vont faire autre chose.

Également, sensibiliser les parents au fait que les enfants ont besoin de bouger, d’être à la lumière naturelle. C’est une étude scientifique qui l’a prouvée, sortie en 2016 : les enfants ont besoin de passer plusieurs heures par jour dehors, minimum deux heures, pour que leurs yeux et leur vue se développent harmonieusement. On est dans une société où on est de plus en plus enfermé. Il faut remettre les enfants dehors. Aller jouer au ballon, aller lire dehors, aller discuter avec ses copains dehors, sans téléphone portable et retrouver ce qu’on faisait dans mon enfance. Après l’école, on allait faire du patin à roulettes, du vélo, on allait jouer à l’élastique, ces jeux d’avant qui nous faisaient bouger. Pourquoi bouger aussi ? Parce que nos yeux ont de gros besoins d’oxygène.

On observe que maintenant, oui, les enfants ont beaucoup d’activité, mais en salle. On est de plus en plus enfermé. En restant à la maison, dans le centre sportif, dans le centre de loisirs. Donc non, allez dehors, donnez un ballon aux enfants, laissez les jouer dehors, dans des endroits où ils seront en sécurité, bien sûr.

Et donc, quand on commence à faire attention à tout ça, à dire : je vais faire faire de petits exercices sympas sous forme de jeux que vous pouvez retrouver dans le livre, ils sont présentés. Après, les enfants peuvent aussi faire les exercices que je propose pour les adultes. C’est les mêmes. Mais il y a une façon différente de les présenter. Jouer à la balle, ça va faire bouger les yeux. On va suivre la balle ou le ballon, le volant du badminton. Les yeux vont bouger, on va s’oxygéner, on va être à la lumière naturelle. On va évidemment diminuer de ce fait le temps sur les écrans, parce qu’on est dehors en train de faire des activités de plein air.

Ça peut sembler un peu vieux jeu. Mais non, c’est du bon sens. Et ça fonctionne. Si on se donne les bonnes bases pour accompagner les enfants, pour préserver leurs yeux, les stimuler naturellement et leur donner un autre discours : les lunettes, ça n’est pas forcément définitif, il va se passer autre chose dans la tête des enfants.

J’en parle d’autant plus qu’il y a des enfants qui viennent suivre mes stages avec les parents et je vois ce qui se passe. Ils sont réceptifs, ça leur plaît, y compris des ados. J’ai eu des pré-ados il n’y a pas longtemps. À un moment donné, je me suis dit : oh là là, 12 ans, 13 ans… Et bien ils ont adoré. Les parents étaient très accompagnants dans ce genre de démarches, d’ouverture, de se prendre en charge.

Donc, si l’enfant n’est pas prêt à faire une journée de stage, on va lui faire faire de petites séances d’exercice avec lui en regardant le livre.

J’ai aussi des gens qui viennent et qui me disent : moi, je suis enseignante et je veux apprendre ça pour le transmettre dans la classe. Parce qu’en plus, les pratiques de yoga des yeux sont calmantes et apaisantes. Cette enseignante me disait : quand je leur fais faire un peu de yoga des yeux, cinq minutes, c’est pas long, après ils sont plus calmes et plus centrés.

C'est pour tous les âges : cadre, dialogue et responsabilisation

Sophie : Magnifique Xanath. Et oui, pensons à préserver aussi bien notre santé que celle de nos enfants, de la future génération qui arrive. Et ça peut paraître désagréable de dire non, stop et oui, c’est toujours désagréable mais c’est pour leur santé, pour qu’ils puissent bien voir, continuer à bien voir le plus longtemps possible. Et sur le long terme, ça vaut le coup de dire non de temps en temps au début.

Xanath : Bien sûr. Les parents ont toujours été là pour ça, c’est la figure d’autorité, c’est la figure qui donne un cadre. Il faut que ce cadre ne soit pas trop sévère ni répressif, mais peut-être qu’à force de vouloir bien faire, on est peut-être trop partis dans l’autre sens. Sur l’alimentation, sur les téléphones, sur l’activité physique, c’est les parents qui doivent donner l’impulsion, donner le cadre. Sinon, l’enfant de lui-même, évidemment, il va aller manger du chocolat, des gâteaux et il va être toute la journée sur les jeux vidéos. Il faudrait cadrer ça. Des parents avec qui je discute me disent : il a droit à 30 minutes, ou il a droit à une heure. Et c’est tout. Après, c’est terminé. Et pas à table. Et les bases sont posées, ça se passe très bien.

Ça suppose aussi que les parents eux-mêmes ne soient pas toujours sur leur téléphone, parce que c’est ça qu’on voit dans certaines familles. Il faut parler avec les enfants. J’écoutais encore une enseignante qui disait que les meilleurs résultats chez les enfants étaient dans des familles où les parents accompagnent, discutent, dialoguent, montrent l’exemple, soutiennent.

Donc, à tout le monde de se responsabiliser aussi. Sans culpabiliser mais se responsabiliser. Et ce qu’on peut faire avec le yoga des yeux, c’est le faire en famille. Parce que tout le monde en bénéficiera. Les adultes, on leur dit : oh là là, vous allez devenir presbyte, c’est obligé. Les enfants : vous risquez de porter des lunettes. Tout le monde le fait, c’est les mêmes exercices pour tout le monde, et tout le monde en bénéficie. C’est très agréable à faire de cette façon-là.

Une pratique de yoga des yeux à faire en famille en cinq minutes

Sophie : Est-ce que vous auriez justement une petite pratique à partager pour montrer comment, en cinq minutes, quelque chose de très simple, de très ludique, c’est facile à mettre en place ?

Xanath : Oui, alors c’est très simple. On peut s’asseoir en famille, on se met sur des chaises, des coussins, on s’assoit normalement. Le dos est droit, la tête est droite, la nuque est droite. On fait attention à ne pas avoir la nuque cassée, de plus en plus de gens ont cette posture du « téléphone portable », et ça, c’est très mauvais pour la nuque. Donc on se tient droit, naturel, on respire bien, on prend un tout petit temps pour détendre le visage, les yeux, on fait attention à ne pas être crispé.

Et puis, sans bouger la tête, on va juste bouger les yeux et on va s’amuser à écrire des lettres. Ça, ça plaît beaucoup aux enfants, surtout s’ils sont en CP, en train d’apprendre à lire, à écrire. On révise les lettres en les dessinant avec les yeux et sans bouger la tête et sans forcer.

Ça aussi, le yoga des yeux traditionnel qui nous vient d’Inde, c’est doux, on ne force pas sur les yeux, on ne va pas à toute vitesse, on n’essaie pas d’aller le plus loin possible, ça ne doit pas tirer quand on fait ces petits mouvements. C’est en douceur et on ne va pas trop vite.

On va s’amuser à écrire, par exemple, on est ensemble : je vais dire Sophie, on va écrire le S de Sophie et on va dessiner avec les yeux le S de Sophie, sans bouger la tête, juste les yeux qui bougent. On fait attention à bien cligner aussi, c’est important que les yeux gardent toujours ce clignement qui génère la stimulation des glandes lacrymales. Et puis ensuite, on est avec Xanath, alors on va dessiner avec nos yeux un X. Et puis s’il y a Martine avec nous, on va faire le M de Martine. On fait comme ça quelques lettres, mais on n’en fait pas trop, et puis on fait une petite pause.

Dans le livre, je montre comment on fait le palming. Sinon on peut juste fermer les yeux quelques instants et puis on refait quelques lettres. On peut aussi s’amuser à écrire un mot en superposant les lettres les unes sur les autres. On peut s’amuser à écrire le mot œil, le mot yoga, il faut prendre des mots assez courts. Et entre chaque mot, à nouveau on fait une petite pause, on va regarder dans le livre comment pratiquer ce fameux palming, mis au point par un ophtalmologue américain, pour reposer les yeux dans le creux des paumes de main. C’est très facile, très simple, on met les yeux dans l’obscurité et ça repose les yeux. On fait ça deux, trois séquences, deux mouvements et puis ça suffit.

Et puis une autre fois, on pourra dessiner des chiffres. Une autre fois, faire des formes géométriques. Et puis une autre fois, on va pouvoir prendre, un livre Où est Charlie ?, les enfants adorent, on ouvre sur une planche et on cherche Charlie. Une optométriste faisait faire ça. Ça va stimuler les yeux et l’attention. On est dans une époque où les enfants ont du mal à se concentrer, là il va être concentré parce qu’il veut trouver Charlie. Et les yeux sont obligés de bouger. Faire attention à être bien éclairé aussi quand on fait tout ça car les yeux fatiguent beaucoup plus dans la pénombre. Donc bien s’éclairer ou se mettre à côté d’une fenêtre.

On va dehors et on va faire un jeu de balle ou de ballon, là, les yeux vont bouger en haut, en bas, plus en profondeur, plus près. C’est un excellent yoga des yeux. Ou on va aller se promener et faire des exercices d’observation dans la nature : on détaille les petites fourmis, les mouches, les herbes, les pétales des fleurs, et puis on regarde au loin. Il y a plein de manières de stimuler les yeux, de les préserver pour qu’ils soient toniques. Et pour être présents dans nos yeux car on est dans un monde où on est beaucoup ailleurs, on peut être désancré, décentré dans le virtuel. Donc on se ramène dans l’instant présent, le ici et maintenant. Et tout ça stimule les yeux et va aider beaucoup.

Sophie : Comme vous le disiez, c’est vraiment des exercices qui ne prennent que cinq minutes et pas plus, parce que comme vous le dites, après on fatigue. Et c’est des choses qu’on peut faire dans le quotidien. Comme vous le disiez, soit on révise avec les enfants, soit on va dehors et on en profite. On se dit : ah tiens, je suis à la bonne lumière, j’en profite pour mes yeux aussi. C’est pas rajouter quelque chose, c’est vraiment l’intégrer dans ce quotidien.

Xanath : Voilà. Et pour les enfants, en tout cas, ne jamais le présenter comme une obligation, comme un pensum. C’est un jeu. T’as envie qu’on s’occupe de tes yeux ? Et si un jour l’enfant dit : oh non, j’ai pas envie… bon, on le fera demain. Que ça reste léger. Bon, si l’enfant tous les jours dit non, à un moment donné, là aussi on remet le cadre : non, là maintenant on va le faire. Mais c’est en douceur, dans le dialogue, dans le partage et ludique, et sans que ça dure de trop.

Sophie : C’est ça, en disant cinq minutes, allez, maman fait ou papa fait avec toi, tu vas voir, ça va nous faire du bien à tous les deux. 

Xanath : Il y a des petits massages dans le livre, qui sont conseillés, il y a tout un tas de choses. Et ce que je voulais dire aussi, c’est que ce livre est très accessible. Pour la qualité du livre, la quantité de contenu qu’il y a, il coûte 15 euros. Et il est vraiment joli à regarder. Les enfants ont du plaisir à le consulter, à le regarder. Bien sûr, c’est pour tous les âges, il y a des conseils pour tout le monde et tous les problèmes de vue. Et comme c’est publié par Hachette, il est très facile à avoir. N’importe quel libraire peut le commander. Faisons travailler les libraires, si on en a un près de chez soi, commandons les livres chez les libraires, allons le chercher en personne. Et bien sûr, ça peut se commander sur toutes les plateformes. Mais je voulais donner cette information-là aussi.

Prendre soin de ses yeux toute sa vie : un entretien doux, comme pour le corps

Sophie : Oui, tout à fait. Et je suis d’accord, les exercices que j’avais repris de votre premier livre, quelques-uns, c’est effectivement très facile, très pratique, ça s’intègre vraiment dans le quotidien. Et c’est pour ça que ça m’intéressait que vous nous en parliez et qu’aujourd’hui, on intègre tout le monde et pas que les adultes.

Xanath : Oui, oui. Et j’ai à cœur de toujours partager le yoga des yeux comme quelque chose d’accessible et de facile à mettre en place. On a des vies suffisamment compliquées, chargées. Donc de dire : tu fais juste une minute, mais ça suffit. Oui, ça suffit. C’est déjà bien, ce sera mieux que rien en tout cas. Comme une petite marche, elle fera toujours plus de bien à notre corps que de ne pas marcher du tout. Voilà, donc il faut le voir comme ça. Et nos yeux sont des organes qui ont vraiment besoin d’être stimulés, entretenus. Tous les moyens sont bons, en douceur, toujours en douceur.

Sophie : C’est parfait, c’est ce que j’adore dire moi à mes lectrices, toujours avec beaucoup de douceur, beaucoup de bienveillance.

L'actualité de Xanath Lichy : des stages dans toute la France

Sophie : Est-ce que vous avez des choses encore à nous partager sur votre actualité ou un point avant qu’on passe à la dernière question de l’interview ?

Xanath : Mon actualité, c’est que j’anime des stages dans toute la France, je vais des fois en Suisse aussi et en Belgique. Des stages de deux jours, en petits groupes, je ne fais pas des grands groupes. Si les gens ont envie de venir découvrir le yoga des yeux en live, en présence, avec moi, j’adore animer ces groupes-là. C’est toujours de beaux échanges, de belles pratiques. Et ce que j’ai observé, c’est que le stage permet aux gens de repartir avec la motivation. S’y mettre tout seul avec un livre, il y a des gens qui n’y arrivent pas. Voilà, c’est bien les livres et ça donne plein de pistes, mais je vois des gens qui me disent : je n’y arrive pas. Et avec le stage, là je suis dedans, je suis motivée. Pour cela, j’ai un site internet où on peut trouver très facilement le programme de mes stages, et je suis ravie d’y accueillir les gens que cette démarche intéresse. Et, j’ai aussi Facebook : https://www.facebook.com/xanath.lichy

Le livre coup de cœur de Xanath Lichy : Biologie des croyances de Bruce Lipton

Sophie : Ma dernière question est donc : est-ce que vous avez un livre que vous aimeriez nous partager en plus du Yoga des yeux, qui vous a marquée ou que vous avez envie de faire découvrir aux auditrices ?

Xanath : Il y a un livre, oui, que j’aime beaucoup et qui souligne plein de choses dont je parle, même si ce livre ne parle pas du tout des yeux. C’est un livre qui s’appelle Biologie des croyances, écrit par un biologiste américain, Bruce Lipton. Il a écrit ce livre la première fois en 2005. Il faut absolument prendre l’édition révisée et augmentée de 2015. Et en fait, c’est un des pères, il y en a plusieurs, de ce qu’on appelle l’épigénétique. Il se lit presque comme un roman policier. Moi j’avais peur que ce soit trop scientifique et pas du tout… c’est passionnant.

Et ça nous montre qu’on a le pouvoir en nous. La génétique n’est pas une fatalité qui nous oppresse, c’est un autre regard. Et c’est ce que je dis pour les yeux, quand on vient vous dire : ah oui, mais de toute façon, vous serez myope puisque vos parents le sont. Eh bien, Bruce Lipton démontre scientifiquement que oui, on peut porter certains gènes et ne pas les développer. Que faire pour ne pas développer les gènes ? Ça rejoint l’hygiène de vie, les croyances, l’état d’esprit. Et c’est tout ce que je dis moi pour les yeux et le yoga des yeux.

Prenez-vous en main et vous n’allez pas forcément développer les gènes que vos ancêtres vous ont transmis, si vous faites ce qu’il faut pour vous en mettre à l’abri.

J’adore ce discours très optimiste, très positif, qui nous redonne le pouvoir. Mais à nous de nous y mettre, à nous de faire notre part. Ce livre est formidable. Et en français, il a été publié aux éditions Ariane.

Sophie : Merci beaucoup Xanath et je confirme, je connais cet auteur, j’ai déjà suivi des conférences, j’ai lu aussi le livre. C’est vraiment une belle référence. Merci beaucoup pour ce partage Xanath.

Je vous remercie, ça a été vraiment un plaisir de vous écouter, d’avoir à nouveau ces partages, ces petits gestes de cinq minutes pour vraiment prendre soin de soi et là, de nos yeux. Car en plus, en tant que lectrice, c’est vraiment important d’avoir de bons yeux et de pouvoir lire sans lunettes, sans lentilles. Merci beaucoup Xanath.

Xanath : Merci, nos yeux sont précieux. Merci beaucoup Sophie, merci. 

Petit rappel : le yoga des yeux n’est pas une pratique médicale. Il ne remplace ni un suivi ophtalmologique, ni un traitement prescrit par un spécialiste, c’est une approche complémentaire de bien-être, à intégrer en plus, jamais à la place de vos rendez-vous de santé habituels. 

PS : Si vous voulez écouter cet épisode ou le réécouter, vous le pouvez sur votre plateforme préférée (Apple podcast, Goodpods, Amazon music, Castbox, Spotify, Deezer, YouTube …) en tapant Osez une autre voie. Bonne écoute.

PSS : transcription avec l’aide de l’IA puis je l’ai corrigée et enrichie.

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