Ce que vous devez savoir dès maintenant
La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle. Et pendant des siècles, cette réalité pour les femmes a été minimisée, mal traitée, voire ignorée par une médecine construite par et pour les hommes.
En 2026, quelque chose se met enfin en mouvement : un livre blanc sur la douleur des femmes a été commandé, des collectifs de la douleur chronique se constituent, et des mutuelles comme la MGEN prennent position. La prise en charge des douleurs des femmes entre dans une nouvelle ère.
Voici ce que vous devez savoir et pourquoi vous ne devez plus vous taire.
À l'origine de cet article : un webinaire qui m'a profondément parlée
Bonjour les audacieuses, comment allez-vous aujourd’hui ?
Cet article s’appuie sur un webinaire que j’ai suivi via ma mutuelle MGEN, centré sur une question qui m’a immédiatement interpellée : la douleur a-t-elle un genre ?
La réponse, vous vous en doutez, n’est pas simple. Mais elle est porteuse d’espoir. Et avant d’aller plus loin, fidèles à notre rituel, commençons comme toujours par notre temps pour nous-m’aime*.
* m’aime : un jeu de mots avec « même » parce que ce temps est pour vous et pour l’amour de vous.
Rituel du Slow Train : un temps pour vous avec votre corps
Installez-vous confortablement. Choisissez le lieu, le canapé ou l’espace qui vous accueille. Prenez le temps d’ajuster votre posture.
Respirez. Et si l’envie vient, soupirez avec ces grands soupirs d’exaspération qui font vraiment du bien. Faites-le trois fois si ça vous plaît, même tout doucement, même avec précaution selon votre état, selon votre douleur. Envoyez à votre corps cette onde d’amour, cette onde de détente, pour vraiment ralentir.
Faites un scan corporel, de la racine de vos cheveux jusqu’à vos orteils. Front, yeux, joues, mâchoire et laissez la langue se poser. Détendez la gorge, le buste, les poumons, le ventre, le bassin. Puis les épaules, les avant-bras, les poignets, les doigts. Les cuisses, les genoux, les mollets, les chevilles, les pieds.
C’est un temps pour vous avec votre corps.
Si vous avez besoin de plus de temps, mettez pause et faites-le à votre rythme.
Puis posez-vous cette question : comment je me sens aujourd’hui ? Et quelle est mon intention pour cette journée ou ce reste de journée ?
Car comme on l’a vu dans le dernier article : accepter, ce n’est pas se résigner. Ce n’est pas rester dans la douleur et la souffrance. C’est un point de départ.
La douleur, c'est quoi exactement ? Les 4 composantes à connaître
La douleur est définie comme « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée ou évoquant une lésion tissulaire actuelle ou potentielle ».
Ce qui compte dans cette définition ? Elle ne se limite pas au corps. Elle reconnaît quatre composantes distinctes :
- La composante sensorielle : ce que nos sens perçoivent. Pour les hypersensibles, elle est souvent décuplée et prendre du recul par rapport à ses sensations demande un effort réel, même si c’est possible.
- La composante affective : les émotions qui surgissent et s’enchaînent quand on souffre. Parce que selon comment on se sent, comment on souffre, des émotions arrivent, s’accumulent, et ont besoin d’être entendues.
- La composante comportementale : nos réactions, souvent pilotées par des peurs conscientes ou non.
- La composante cognitive : nos croyances sur la douleur, sur nous-mêmes, sur ce qui est possible.
C’est précisément pour cela que dans mon accompagnement, on ne traite pas que le symptôme. On travaille sur les croyances limitantes, les peurs sous-jacentes, les émotions qui ont besoin d’être entendues, non pas pour les mettre sous le tapis, mais pour les accueillir en tant que messagères. Et souvent, une fois écoutées, elles disparaissent d’elles-mêmes, parce qu’elles avaient juste besoin qu’on leur ouvre la porte.
(Je vous partage également la capture d’écran du slide MGEN présentant les 4 mécanismes de la douleur.)
Pourquoi les douleurs des femmes ont-elles été ignorées pendant si longtemps ?
Ce webinaire m’a confirmé quelque chose que beaucoup d’entre vous ressentent sans toujours pouvoir le nommer : les douleurs des femmes ont été ignorées, minimisées et mal traitées depuis des siècles.
Et ce n’est pas une exagération.
Une médecine construite par et pour les hommes
Les formations médicales ont longtemps été conçues par des hommes, pour des hommes. Les maladies décrites, les recherches menées, les traitements développés, tout s’appuyait sur des corps masculins comme référence.
Les spécificités féminines (hormonales, biologiques, psychologiques) n’étaient tout simplement pas au centre des recherches.
Les conséquences sont concrètes, documentées, et profondément injustes :
« À plainte comparable, les femmes reçoivent moins souvent, et beaucoup plus tard, un traitement antalgique aux urgences. »
La caricature du médecin était glaçante : un homme arrive aux urgences en disant qu’il a mal, on lui donne un antalgique. Une femme dit qu’elle a mal, on lui donne un antidépresseur. Comme si sa douleur était dans sa tête.
De l'hystérie au XIXe siècle aux stéréotypes d'aujourd'hui
Au XIXe siècle, les femmes qui souffraient étaient qualifiées d’hystériques. Ce diagnostic-fourre-tout a longtemps servi à invalider ce qu’elles vivaient réellement dans leur corps.
Si ce sujet vous touche, le livre Mon vrai nom est Élisabeth d’Adèle Yon, mentionné dans mon article avec Pierre Druart sur l’Association Francophone de Bibliothérapie (cf l’article : https://sophieame.ovh/association-francophone-bibliotherapie-afb/), illustre avec force cette réalité historique.
Aujourd’hui les mots ont changé. Mais les stéréotypes persistent. La douleur féminine est encore trop souvent interprétée à travers des cadres moraux et médicaux masculins. On suspecte l’exagération. On attribue à l’émotion ce qui relève du biologique.
Des différences biologiques enfin reconnues
Ce webinaire a aussi mis des mots clairs sur des réalités biologiques trop longtemps ignorées :
- Les femmes expriment plus souvent leur douleur à travers leurs émotions, c’est une réalité psychobiologique, pas une faiblesse. Et pourtant, cette expression a été retournée contre elles.
- Dès l’enfance, les garçons sont conditionnés à réprimer leur douleur et leurs émotions (« les garçons ne pleurent pas »), tandis que les filles sont autorisées à les exprimer mais cette expression est ensuite utilisée pour invalider leur souffrance réelle.
- La testostérone a un effet antalgique naturel que les femmes n’ont pas au même niveau.
- La morphine est moins efficace et agit moins longtemps chez les femmes que chez les hommes, une réalité médicale qui change tout dans la prise en charge.
- Les douleurs chroniques sont plus fréquentes chez les femmes : migraines, endométriose, fibromyalgie, des diagnostics encore trop longs à obtenir, encore trop souvent contestés, mais qui commencent enfin à être pris au sérieux.
Ce que cela m'a rappelé personnellement
Je vais vous partager quelque chose d’un peu intime ici.
Ma maman a été diagnostiquée dépressive pendant des années, alors qu’elle était bipolaire. C’est lors de mon propre burn-out, en échangeant avec un psychiatre, que j’ai enfin eu une explication : pendant très longtemps, la bipolarité a été mal et tardivement diagnostiquée. Et les antidépresseurs donnés à ces personnes ne faisaient qu’aggraver la maladie.
Ce n’est pas un hasard si cette réalité touche aussi massivement les femmes. Le fil est le même : une médecine qui n’a pas toujours su regarder là où il fallait, ni écouter ce qu’on lui disait.
Ce qui change vraiment pour la prise en charge des douleurs des femmes en 2026
Ce qui m’a profondément touchée dans ce webinaire, c’est que ce sont des médecins, des hommes qui venaient porter ce message.
Un livre blanc sur la douleur des femmes a été commandé. Des collectifs de la douleur chronique se constituent. Des mutuelles comme la MGEN prennent position. La reconnaissance est là. Elle est en marche.
Même si une partie de moi a envie de dire « enfin ! » avec un mélange de soulagement et de colère, elle arrive.
Ce que porte ce mouvement, c’est une approche pluridisciplinaire : traiter la cause, oui, mais aussi les conséquences dans la vie quotidienne. Et pas uniquement avec des médicaments. Avec une prise en compte de toutes les composantes : mécaniques, émotionnelles, biologiques et sociales.
Comment soulager les douleurs chroniques quand on est une femme ? Ce que vous pouvez faire dès maintenant
Une femme a pris la parole lors de ce webinaire, non pas en tant que médecin, mais en tant que personne concernée. Elle a connu le cancer, elle est en rémission, et elle a décidé de consacrer son énergie à mieux accompagner celles qui souffrent. Elle avait été elle-même estomaquée de devoir souffrir sans être prise en charge au niveau de la douleur. (Et là aussi, cela me rappelait, un drame personnel, le suicide de ma marraine qui souffrait trop de son cancer au sein).
Et c’est elle qui m’a donné envie de vous transmettre ce qui suit.
Bougez doucement, régulièrement, à votre mesure
L’activité physique régulière est l’une des réponses les plus documentées face à la douleur chronique.
Je vous en ai déjà parlé dans mon article sur l’arthrose (https://sophieame.ovh/arthrose-soulager-douleur-naturellement/) : le mouvement est à la fois ce qui provoque la douleur et ce qui la soulage. C’est vrai aussi pour les lombalgies, l’endométriose et la fibromyalgie.
Bouger régulièrement, c’est :
- Réduire le stress et l’anxiété
- Diminuer la dépression
- Alléger la fatigue et la pression artérielle
- Et surtout, cela vous invita à sortir de chez vous et à vous reconnecter à d’autres personnes.
C’est l’endurance du long terme. Un petit pas chaque jour, c’est ma philosophie et pour les douleurs chroniques, c’est pareil.
Ne vous isolez pas
Quand le corps souffre, le réflexe naturel est de se replier. Rester seule. S’enfermer dans la douleur. Cet isolement peut ouvrir la porte à d’autres troubles : dépression, troubles du sommeil, perte de sens.
Alors oui, vous pouvez être dans votre hiver intérieur (cf mon article sur ce concept https://sophieame.ovh/accueillir-son-hiver-interieur-sans-culpabilite/), vos périodes où vous avez besoin de calme et de vous retrouver, je vous entends. Mais pas des semaines ni des mois entiers de repli. Même un tout petit peu de mouvement, même un contact humain court, c’est un petit pas vers vous. Vers la vie.
Faites-vous entendre de votre médecin
C’est le message que je retiens le plus fort de ce webinaire : faites-vous entendre, mesdames.
Si votre médecin minimise votre douleur, si on vous dit que c’est dans la tête, si on vous propose un antidépresseur alors que vous souffrez physiquement, vous avez le droit de demander un deuxième avis. De changer de médecin. D’insister.
Vous pouvez dire clairement : non, ce n’est pas que des émotions, j’ai vraiment mal, et j’ai besoin qu’on cherche.
La douleur, c’est votre ressenti. C’est une expérience personnelle, sensorielle et émotionnelle. Personne ne peut savoir mieux que vous ce que vous vivez.
Quelles alternatives aux médicaments pour les douleurs des femmes ?
Les médicaments existent et peuvent aider. Mais on l’a vu, la morphine n’est pas aussi efficace chez les femmes et les effets secondaires sont réels.
Il existe d’autres approches, reconnues et efficaces :
- L’hypnose, qui agit directement sur la perception de la douleur.
- L’art-thérapie, pour travailler sur les composantes émotionnelles et cognitives.
- La bibliothérapie intuitive, pas pour effacer la douleur, mais pour trouver dans les mots des autres des instants de répit, des façons nouvelles de percevoir ce qu’on vit. Voir comment d’autres femmes, qui souffraient comme vous, de la même maladie ou d’autre chose, ont trouvé des astuces pour traverser, pour continuer à vivre, pour se reconnecter à la joie même dans la douleur.
- Le magnétisme et le coaching holistique permet de travailler sur les croyances, les peurs, les émotions non entendues, afin de soulager la douleur tout en libérant ce qui pèse en profondeur. Je vous en parle en détail ici.
Une croyance peut se changer. Une peur peut se travailler. Une émotion peut s’écouter et se libérer. Et une douleur peut s’alléger, pas toujours disparaître, mais se traverser autrement.
Vous n'avez pas à traverser cela seule
Si vous vous reconnaissez dans ces mots, si vous portez des douleurs chroniques que personne ne semble vraiment prendre au sérieux, je vous invite à venir en parler. Dans mon accompagnement, nous travaillons à la fois sur le corps et sur tout ce qui l’entoure avec douceur, avec profondeur et à votre rythme.
Garder espoir et oser une autre voie
Je terminerai avec la phrase de cette femme, lors du webinaire, qui résume tellement bien ce en quoi je crois profondément :
« Nous ne sommes pas égaux face à la douleur, ni aux réactions face aux médicaments. Cherchons ensemble une solution. »
Moi, j’ajouterais : cherchons ensemble une autre voie.
Si vous n’étiez pas au courant, si vous commenciez à vous résigner, si vous pensiez que votre douleur était une fatalité, j’espère que cet article vous aura redonné un peu d’élan. Un peu d’espoir. L’envie de vous faire entendre, de vous faire écouter, et de pouvoir enfin vivre pleinement, reconnue dans ce que vous ressentez.
Parce que personne d’autre ne sait mieux que vous ce que vous vivez. Et vous méritez d’être entendue.
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PSS : transcription avec l’aide de l’IA puis je l’ai corrigée et enrichie.
FAQ : Douleurs des femmes et prise en charge
Quelle est la différence concrète entre acceptation et résignation ?
Parce que la médecine a longtemps été conçue par et pour des corps masculins. Les formations, les recherches et les traitements s’appuyaient sur des hommes comme référence. Les spécificités biologiques, hormonales et psychologiques des femmes ont été ignorées pendant des siècles. À plainte comparable, les femmes reçoivent encore aujourd’hui moins souvent et beaucoup plus tard, un traitement antalgique aux urgences.
La morphine est-elle aussi efficace chez les femmes que chez les hommes ?
Non. La morphine est moins efficace et agit moins longtemps chez les femmes que chez les hommes. C’est une réalité biologique désormais documentée, qui change profondément la façon dont la douleur des femmes devrait être prise en charge.
Quelles sont les douleurs chroniques les plus fréquentes chez les femmes ?
Les migraines, l’endométriose et la fibromyalgie sont parmi les douleurs chroniques les plus fréquentes chez les femmes. Ces diagnostics sont encore trop longs à obtenir, parfois contestés, mais ils commencent enfin à être mieux reconnus et mieux traités.
Que faire si mon médecin ne prend pas ma douleur au sérieux ?
Vous avez le droit de demander un deuxième avis médical, de consulter un spécialiste ou de changer de médecin. Vous pouvez exprimer clairement que votre douleur est réelle, quotidienne, et qu’elle mérite d’être explorée sérieusement. Votre ressenti n’a pas à être justifié ou minimisé.
Quelles alternatives aux médicaments existent pour soulager les douleurs chroniques chez les femmes ?
Plusieurs approches complémentaires sont reconnues et efficaces : l’hypnose (qui agit sur la perception de la douleur), l’art-thérapie, le magnétisme et le coaching holistique. L’activité physique douce et régulière est également l’une des réponses les mieux documentées face à la douleur chronique.
La douleur a-t-elle vraiment un genre ?
Oui, dans le sens où les femmes et les hommes ne vivent pas la douleur de la même façon, biologiquement, socialement et culturellement. Les femmes expriment plus souvent leur douleur à travers leurs émotions (réalité psychobiologique), ont un niveau de testostérone plus bas (qui a un effet antalgique naturel), et ont été historiquement moins bien prises en charge. En 2026, cette réalité commence enfin à être reconnue et à changer les pratiques médicales.
Je viens de revoir le film de Pedro Almodovar : Douleur et Gloire. Même si l’histoire parle d’un homme et de ses douleurs, certains points reste valable pour les femmes : l’acteur principal est dans la résignation, il n’écrit plus et ne monte plus ses films. Suite à une retrouvaille, il retrouve le courage d’informer son médecin qu’il n’en peut plus de la douleur et il lui avoue l’essai de la drogue qu’il ne veut plus et il lui parle aussi de ce qui lui pèse sur le coeur. Et après une autre rencontre, il se remet à écrire. Donc, ne vous isolez pas, vous ne savez pas quelle rencontre va pouvoir vous aider et vous soulager.