Bonjour chères audacieuses, comment vous portez-vous aujourd’hui en ce début de mois d’octobre ? Comme chaque début de mois, j’ai la joie de vous partager deux livres inspirants qui viennent nourrir ma réflexion. C’est donc une halte en gare qui vous attend aujourd’hui avec deux ouvrages remarquables. Nous allons partir à Paimpol et auprès d’une rivière, pour découvrir l’itinéraire de femmes audacieuses.

Vous le savez déjà, cette période de quinze jours est encore en phase de test pour ce mois d’octobre. Cependant, la vie m’a envoyé quelques clins d’œil : j’ai eu quelques imprévus et j’ai même oublié mon adaptateur pour le micro d’enregistrement. Paradoxalement, ces événements confirment ma conviction profonde que ce rythme bimensuel s’avère plus adapté, aussi bien pour moi que pour vous. Il s’inscrit parfaitement dans cette thématique qui m’est chère : prendre le temps et du temps pour soi. La vie semble ainsi me confirmer cette intuition. Pour continuer justement dans cette attitude de fluidité, commençons par notre moment de pause consciente.

Notre moment de pause : le temps du recueillement

Installez-vous confortablement et prenez le temps d’ajuster votre posture. Expirez profondément afin de caler votre respiration, expirez pour détendre votre corps, expirez pour apaiser votre mental. Rappelez à votre corps et à votre esprit que vous êtes maintenant en pause. Il s’agit de votre pause quotidienne ou hebdomadaire, ces quelques instants précieux pour relâcher la pression.

Prenez conscience de votre respiration : est-elle fluide ou, au contraire, saccadée, bloquée par endroits ?

Identifiez également s’il existe des crispations ou tensions dans votre corps.

Avec ces deux livres en préambule, je vous invite à éveiller vos cinq sens. L’ouïe est déjà en action puisque vous m’écoutez et peut-être que vous percevez d’autres bruits autour de vous ? Le toucher peut s’exercer sur vous-même : posez simplement une main délicatement sur une zone que vous souhaitez apaiser, ou pour vous rappeler que vous pouvez ralentir votre respiration.

Vous pouvez ensuite fermer les yeux et imaginer que nous nous trouvons dans un train qui avance lentement, doucement, sans chaos. Un train où l’on peut rêver, se remémorer des paysages qui nous font du bien, qui nous mettent en joie, qui nous apaisent.

Peut-être qu’en prenant un temps avec votre salive ou en remuant simplement votre bouche, un goût, une saveur remonte ? Peut-être qu’un souvenir revient, une gourmandise, le plat de ce midi, du thé ou du café que vous avez savouré ?

Voilà comment vous pouvez réveiller vos cinq sens.

Et, pour celles qui en ressentent le besoin, mettez sur pause. Pour les autres, nous allons commencer ce voyage avec nos deux livres.

Découverte littéraire : deux récits d'affirmation de soi

Ces deux livres, je les ai lus l’un après l’autre et j’ai découvert qu’ils se parlaient, qu’il existait entre eux un dialogue profond autour du thème de l’audace, très présent dans les deux récits. J’ai eu envie de vous en parler car d’autres sujets résonnaient également, notamment celui de prendre soin de soi, qui revenait comme un leitmotiv.

Premier livre : "Le chant de la rivière" de Wendy Delorme

Le premier ouvrage s’intitule « Le chant de la rivière » de Wendy Delorme, publié aux éditions Cambourakis. Il compte 145 pages sans les annexes et il est de ce début d’année. J’ai pu le découvrir grâce à mon amie Pauline qui tient une librairie dans les Cévennes appelée la librairie qui relie.

Grâce à elle, j’ai découvert ce petit livre magnifique et à l’écriture poétique. Dans ce récit, ce ne sont pas seulement les personnages qui peuvent parler, qui s’expriment, il y a aussi cette rivière. Nous évoluons dans les montagnes – celles que vous voulez, même si l’autrice précise à la fin où cela se situe approximativement. Vous pouvez dès maintenant partir, imaginer vos montagnes pour découvrir ce livre.

Je ne vais pas entrer dans le détail pour vous laisser le plaisir de la découverte et je vais plutôt vous parler de la thématique que moi j’ai remarquée et qui m’a profondément inspirée.

Dans ce livre poétique avec cette rivière personnifiée qui s’écoule entre les deux guerres mondiales (on ne le sait qu’à la fin avec les précisions de l’écrivaine), il y a une autre protagoniste, une femme d’aujourd’hui. Toutes deux ont une histoire à raconter et une histoire d’audace, celle d’aimer une autre femme. Et c’est ce qu’elles vont raconter toutes les deux, à des époques différentes, cette lente évolution, car même si aujourd’hui une femme peut en aimer une autre – du moins en France – et même avoir un enfant ensemble, cela reste compliqué et ce n’est pas accepté partout dans le monde.

Si vous aimez la nature, alors c’est aussi un livre pour vous car il donne envie, par son écriture, de découvrir cette rivière personnifiée (la rivière est féminine en français – avec toutes ses forces et aussi cette douceur, lenteur qu’elle peut avoir) qui utilise sa force en s’excusant car quand elle devient orageuse, tumultueuse, c’est que quelque chose l’a blessée, heurtée dans ses valeurs, dans son harmonie.

Pour moi, ce texte est magnifique et ce fut une véritable découverte, aussi bien de cette autrice – qui n’en est pourtant pas à son premier roman – que de cette audace personnifiée par la rivière. À la fin de ce roman, Wendy Delorme prend le temps de nous livrer des informations précieuses sur l’époque et le lieu qui est en partie un endroit où elle est allée écrire. Elle explique également comment elle a vérifié, grâce notamment à une personne-ressource, certains éléments pour s’assurer que son histoire soit au plus juste tant au niveau de la description des lieux, que l’on peut même sentir (odeur de terre, menthe, résine,…), qu’au niveau des cultures présentes et des réalités de l’époque (une veuve avec une fille dans les alpages). J’ai vraiment eu l’impression de vivre avec ces personnages, cette rivière et dans tous les lieux décrits comme cette forêt qui est aussi très présente. Mes cinq sens ont été mis en éveil.

Voilà comment un roman peut prendre forme à partir de lieux réels puis modifiés pour les besoins de l’histoire tout en gardant une certaine authenticité. Cette histoire aurait très bien pu avoir lieu, aurait très bien pu exister. Cela permet justement de rappeler cette audace que certaines femmes incarnent et qui fait avancer les choses à leur échelle. Et, la protagoniste actuelle évoque elle aussi, ses audaces via des événements récents comme les manifestations pour obtenir des droits et notamment celui d’élever son enfant avec une autre femme.

C’est vraiment très beau, car c’est empreint de douceur, sans envie de revanche, juste cette force sous-jacente comme cette rivière. Si vous ne l’avez pas encore lu et si c’est une thématique qui vous intéresse ou si vous avez simplement envie de voir comment puiser davantage d’audace pour vous-m’aime* alors ce texte, ces mots, ce rythme, peuvent vous donner, comme à moi, ce petit plus d’audace, d’envie d’essayer d’être plus audacieuse, quel que soit votre contexte.

Questions pour votre réflexion : Dans quels domaines de votre vie pourriez-vous puiser dans cette force fluide et persistante de la rivière ? Quelles sont les « tempêtes » intérieures qui vous empêchent encore d’exprimer pleinement qui vous êtes ?

Deuxième livre : "Le voyage à Paimpol" de Dorothée Letessier

Le deuxième livre que j’ai lu juste après, et que j’avais choisi uniquement pour le titre « Le voyage à Paimpol » – et plus particulièrement pour Paimpol (j’ai des amis qui habitent près de Saint-Brieuc) afin de continuer à voyager, après ce chant de la rivière et les montagnes, je me suis retrouvée en Bretagne.

Je ne m’attendais pas du tout à ce texte de Dorothée Letessier, qu’elle a écrit dans les années 80 et publié dans les années 90. C’était son premier roman et elle en a écrit cinq autres après. Vous connaissez peut-être aussi ce livre à travers un film, qui a conservé le même titre « Le voyage à Paimpol » avec Myriam Boyer et Michel Boujenah.

Dans ce livre, il s’agit effectivement d’un voyage, mais d’un voyage intérieur et peu touristique. Même s’il y a quelques informations et anecdotes sur la ville de Paimpol. Là aussi, c’est une femme qui prend son courage à deux mains, qui traverse un moment que je pourrais même qualifier de burn-out, même si ce terme n’apparaît pas et n’était sûrement pas reconnu comme aujourd’hui. C’est donc une femme épuisée physiquement qui travaille à la chaîne pour une usine métallurgique, dans des conditions particulièrement difficiles : où il fait souvent trop froid l’hiver à cause de problèmes de chauffage, et en été, sous la tôle, c’est un véritable enfer. Il y a aussi les mauvaises postures qu’elle nous décrit afin de pouvoir manipuler les pièces et suivre le rendement de la chaîne.

C’est là aussi une lecture à la fois douce, calme, et où nous ressentons – en tout cas, j’ai ressenti – une force dans cet épuisement et cette envie de changer, d’essayer autre chose car elle n’en peut plus physiquement et mentalement. Elle n’en peut plus de cette routine, de ces dimanches où elle est tellement épuisée qu’elle ne fait rien – pas parce qu’elle a envie de ne rien faire, simplement parce qu’elle n’a plus la force de bouger. Elle se projette déjà dans la semaine à venir ce qui l’épuise encore davantage.

C’est pourquoi, cela m’a rappelé les symptômes du burn-out dont je vous avais parlé avec le livre de Gaëlle Josse, « Ce matin-là ». Maintenant, vous avez un autre livre qui vous les décrit, celui de Dorothée Letessier. Elle raconte que ni elle ni ses collègues d’usine n’osaient, à l’époque, aller voir le médecin par peur que celui-ci dise : «  que c’est une simple fatigue passagère, pas besoin de s’arrêter », alors qu’elle, elle sentait bien, au fond d’elle, qu’elle était vraiment au bout du rouleau.

Finalement, elle va consulter ce médecin et obtenir une semaine d’arrêt de maladie, ce qui constitue déjà pratiquement un exploit pour elle. Et pendant cette semaine, tout d’un coup, elle ressent une envie de fuir, de partir, de s’évader – même quelques heures – loin de sa routine, de son quotidien et même si ce n’est qu’à 45 km de chez elle, à Paimpol.

C’est un petit livre qui fait 150 pages, et qui peut paraître dur au premier abord avec le travail à la chaîne en usine et le bruit infernal des machines et pourtant qui contient aussi toute cette douceur, cette joie de vivre, cette envie de partager, de changer quelque chose. Là aussi, nos sens sont mis à contribution. Et, comme je vous l’ai déjà dit, cela peut vous permettre de savoir où vous en êtes dans vos symptômes avant l’arrivée d’un épuisement, d’un burn-out. Mais pas seulement, puisqu’il donne, propose une réponse : se reconnecter à cette envie et à cette joie de vivre qui sont toujours là, même à l’état d’étincelle, et c’est cette audace qui veut nous aider à sortir la tête de l’eau.

C’est pour cela que je vous propose ces deux livres car malgré toutes les difficultés, c’est l’audace qui triomphe.

Questions pour votre réflexion : À quel moment de votre vie avez-vous senti que vous arriviez à bout de souffle ? Qu’est-ce qui vous empêche aujourd’hui de prendre ce temps pour vous que vous savez pourtant nécessaire ?

L'audace comme fil conducteur entre les deux œuvres

Dans le premier livre, il s’agit plutôt d’une audace de la jeunesse avec cette insouciance, ce sentiment d’invincibilité et presque d’invisibilité. Dans l’autre, c’est davantage une audace de la maturité : prendre soin de soi, il est temps de se poser, de prendre du temps pour soi, de s’occuper de nouveau de soi en prenant soin de son corps et de son mental.

Alors, si vous avez envie d’audace, de découvrir et de voir jusqu’où nous pouvons aller – parce que dans ce voyage à Paimpol, nous voyons jusqu’où nous, les femmes, nous sommes prêtes à attendre la dernière minute, peut-être la dernière seconde, avant de prendre une décision salvatrice : prendre du temps pour soi et donc prendre soin de soi, alors, je vous invite à les lire ou à regarder la version cinématographique.

Oui, c’est audacieux, même aujourd’hui, et pourtant, pour moi, c’est désormais essentiel.

Comment voulez-vous prendre soin des autres et changer les choses, si vous ne commencez pas par vous ? Changer, même si ce n’est pas changer de métier – car à l’époque la protagoniste du « Voyage à Paimpol » ne voyait pas ce qu’elle pouvait faire d’autre, elle n’avait pas fait d’études – c’est déjà pouvoir se retrouver, se reconnecter à soi, prendre soin de soi, de son corps, et pourquoi pas, retrouver le goût de la lecture comme quand elle était jeune.

Conclusion : l'inspiration de l'affirmation de soi féminine

Chères audacieuses, ces deux livres m’ont ramenée vers ce thème de l’audace féminine : tenter d’être audacieuse, d’oser être audacieuse et d’essayer dans vos domaines, quelles que soient vos circonstances, vos contextes. Que ce soient les années 80, l’entre-deux-guerres ou notre époque, heureusement qu’il y a des femmes qui sont audacieuses, qui osent et qui essaient de faire avancer les choses, et surtout déjà pour elles-mêmes, pour ensuite être un exemple pour d’autres femmes qui n’osent pas encore.

Voilà, chères audacieuses, j’espère que cela vous inspirera, que cela vous donnera envie de lire – car c’est aussi une de mes préoccupations en tant que bibliothérapeute. Même s’il y a des moments durs, douloureux, déchirants, ils peuvent nous redonner cette force, nous rappeler cette force que nous avons en nous, même enfouie très profondément.

Je vous laisse déguster, savourer et aller chercher un livre – même si ce n’est pas parmi ces deux livres. Profitez de ce week-end, profitez d’un temps pour vous et prenez soin de vous, chères audacieuses !

PS : Si vous voulez écouter cet épisode ou le réécouter, vous le pouvez sur votre plateforme préférée (Apple Podcast, Goodpods, Amazon Music, Castbox, Spotify, Deezer, YouTube https://youtu.be/Qx7KjLHlm3g…) en tapant « Osez une autre voie ». Bonne écoute !
PSS : j’ai utilisé l’IA pour transcrire mon épisode audio en une version écrite afin de pouvoir l’améliorer et la retravailler.

Une réponse

  1. Depuis l’enregistrement de cette halte en gare, j’ai une amie qui m’a conseillée ce livre de Garance Solveg, « les cerisiers fleurissent aussi la nuit » où il y a également 2 femmes audacieuses qui ne se rencontreront jamais dans cet autre face cachée du Japon et qui a reçu depuis le grand prix du livre romanesque 2025.

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