Il y a des croyances qui ne font pas de bruit. Elles s’installent doucement, portées par des habitudes, des non-dits, des gestes répétés jusqu’à ce qu’ils semblent naturels car ils deviennent un conditionnement. Et un jour, on réalise qu’on les a intégrées si profondément qu’on ne les questionne même plus.
Celle-là fait partie de ces croyances-là : le sommeil d’une femme « peut attendre ». « Il est moins urgent ». « Moins légitime ». « Plus facilement sacrifiable que celui des autres ».
Et cette légitimité, ce droit fondamental à dormir, à récupérer, à prendre soin de soi par le sommeil, c’est précisément ce que je voudrais vous restituer aujourd’hui. Pas pour culpabiliser qui que ce soit, ni pour pointer des coupables. Mais parce que votre sommeil, mesdames, mérite d’être défendu. Avec des faits, avec de la douceur, et avec la conviction que prendre soin de vous n’est pas un caprice : c’est une nécessité.
le rituel du slow train pour prendre un temps pour nous, les femmes
Bonjour chères audacieuses,
comment allez-vous aujourd’hui ? Avant d’aller plus loin dans cet article, je vous invite à prendre quelques instants pour vous.
C’est notre rituel et il a toute sa place ici avec ce sujet si particulier.
Installez-vous confortablement. Choisissez la posture qui vous convient, celle où vous vous sentez la plus détendue possible. Prenez quelques respirations profondes.
Et si besoin, commencez par de grandes expirations, ces grands soupirs, ces grands aah libérateurs pour vraiment amorcer la détente, vider les poumons, afin de pouvoir mieux respirer ensuite, de reprendre une inspiration plus ample, plus apaisée et permettre à votre corps de lâcher.
Prenez le temps, ensuite, de scanner votre corps soit de la tête aux pieds, soit des orteils jusqu’à la racine de vos cheveux. Ou peut-être simplement de rester là, à laisser défiler les pensées sans vous y accrocher, en revenant à votre souffle chaque fois que votre esprit s’emballe.
Et si vous sentez que le sommeil vous gagne, si une micro-sieste s’impose, estimez votre temps et offrez-vous ce cadeau. Vous pourrez revenir à cet article plus tard. Il vous attendra.
Pour les autres, reprenons avec cette croyance.
Cette croyance sur le sommeil des femmes qu'on a presque oubliée
Ce sujet m’est revenue en plein cœur lors d’un accompagnement avec une cliente. Elle me racontait, avec une résignation teintée de culpabilité, que son mari lui expliquait que c’était à elle de se lever la nuit pour leur jeune bébé de presque un an parce que lui conduisait toute la journée. Parce que lui avait besoin de dormir. Parce qu’elle, elle était à la maison (or elle est entrain de créer aussi son entreprise).
En l’écoutant, quelque chose s’est serré en moi. Pas de colère, plutôt une reconnaissance douloureuse. Parce que j’ai moi-même porté cette croyance pendant mon burnout. Persuadée que mon sommeil était moins précieux que celui de mon compagnon, parce que lui avait de « vraies » responsabilités, des risques sur la route.
Ce que cette situation révèle, ce n’est pas seulement un déséquilibre dans un couple. C’est quelque chose de bien plus profond et de bien plus répandu : une croyance collective, silencieuse, qui fait que les femmes et souvent elles-mêmes en premier, estiment que leur sommeil peut attendre. Que leur besoin de repos est moins légitime. Que se reposer pleinement, c’est presque un luxe qu’elles n’ont pas encore mérité.
"Elle est à la maison" ou comment la société dévalue ce qui est invisible
Quand une femme devient mère, la société lui envoie un message implicite et redoutablement efficace : les nuits perturbées, ça fait partie de son nouveau rôle. Elle est en congé maternité. Elle ne « fait rien », comme si s’occuper vingt-quatre heures sur vingt-quatre d’un être totalement dépendant, gérer la logistique du foyer, les repas, les rendez-vous médicaux, la vie entière d’une famille, n’était pas un travail à part entière. Et sans compter, les femmes qui sont autoentrepreneur ou montent leur boîte pour pouvoir s’occuper ainsi plus facilement de leur famille et bébé. Comme si tout ce qui n’avait pas de valeur monétaire n’avait pas non plus de valeur réelle.
Et cette idée-là, une fois installée, a une logique implacable : puisque le travail de l’un vaut plus que celui de l’autre, il est normal que son sommeil soit davantage protégé.
Sauf que cette logique-là est fausse et dangereuse.
Si l’on veut vraiment comparer les risques, alors parlons des accidents de la route liés à la somnolence, qui sont réels et documentés, environ un accident sur trois. Mais parlons aussi des accidents domestiques, qui sont la première cause d’accidents en France : brûlures, chutes, erreurs de dosage médicamenteux, mauvaises manipulations. Sauf que ces accidents-là arrivent ne sont pas catégorisés entre l’épuisement des femmes, leur fatigue ou d’autres causes. Or la vie d’un enfant ou de sa mère épuisée, à bout, est-elle moins précieuse ?
Je pose juste la question mais pas pour entrer dans le débat. Ce qui m’intéresse ici, c’est la légitimité. La vôtre, mesdames.
quand un geste d'amour devient une norme imposée
Il y a quelque chose d’important à nommer. Au tout début, le geste est sincère. Il est beau, même. Une femme qui se lève la nuit pour son enfant, qui le fait avec amour, par instinct, avec cette capacité proprement extraordinaire qu’ont les femmes à se dépasser pour ceux qu’elles aiment.
Le problème, ce n’est pas ce geste-là. C’est ce qui vient après. Quand ce geste qui est un choix au départ devient un conditionnement voire une obligation par les autres membres. Et vous mesdames, vous vous dites souvent, « ce n’est pas grave », « c’est temporaire », « je me rattraperai plus tard » sauf que plus tard c’est jamais car il y a toujours quelque chose à faire et si ce n’est pas fait on va vous le reprocher et le pli est pris. Ce qui était un élan du cœur devient une habitude, voire un conditionnement et il devient une norme que personne n’a officiellement décidé, mais que tout le monde respecte comme si c’était écrit quelque part.
Alors oui, si c’est véritablement ponctuel, ou que vous pouvez faire des micro-sieste voire des nuits en décalé pour récupérer et pensez aux capsules pour de petits coups de fouet ou faciliter la micro sieste, surtout avec un nouveau né qui doit apprendre à faire ses nuits, alors oui mais vraiment prenez soin de vous dans la journée et reposez vous. Mais quand cela s’installe sur des semaines, des mois, parfois des années, là ce n’est plus de l’amour. C’est de l’épuisement consenti. Et il y a une différence.
Ce que la science dit du sommeil et pourquoi il est vital y compris pour les femmes
La science est sans ambiguïté sur ce point : le sommeil n’est pas un luxe. Ce n’est pas une récompense pour celles qui ont mérité de se reposer. C’est un besoin fondamental, documenté, universel et qui concerne tout le monde, sans exception, à chaque étape de sa vie.
Le cerveau travaille pendant que vous dormez
Pendant le sommeil, le cerveau est loin d’être au repos. Il trie, range et classe tout ce qu’il a reçu dans la journée, les informations, les émotions, les perceptions, les sensations, les apprentissages. Il consolide les souvenirs importants et évacue le superflu. Il répare aussi. Les cellules se régénèrent, le système immunitaire se renforce, les hormones s’équilibrent. Ce processus est essentiel pour tout le monde et à tous les âges.
Le sommeil et la douleur : un lien souvent sous-estimé
Les études sont claires sur ce point : un manque de sommeil diminue significativement le seuil de tolérance à la douleur. On la ressent plus vite, plus intensément. Et l’on a beaucoup plus de mal à prendre le recul qui permet, lorsqu’on a bien dormi, de traverser les moments difficiles avec un peu plus de ressources.
C’est particulièrement précieux pour les femmes qui vivent avec des douleurs chroniques. Le sommeil aide également à apaiser les souvenirs douloureux et cette capacité-là, elle se perd quand les nuits sont trop courtes ou trop fragmentées.
Le sommeil selon les étapes de notre vie
Ce besoin de sommeil de qualité ne disparaît pas, il évolue, mais il reste essentiel à chaque étape :
- Pour le nourrisson, le sommeil est indispensable à la croissance neurologique et physique.
- Pour l’adolescent, il joue un rôle clé dans la mémoire et la régulation émotionnelle.
- Pour les femmes en péri-ménopause ou ménopause, les fluctuations hormonales perturbent déjà souvent le sommeil, ce qui rend encore plus précieux le soin qu’on lui accorde.
- Pour les personnes âgées, même si le sommeil se raccourcit naturellement, sa qualité reste fondamentale. Le peu que l’on dort doit être réparateur.
7 heures : pas un idéal arbitraire
Si notre corps a besoin en moyenne de sept heures de sommeil, ce n’est pas une recommandation tirée du vide. C’est le temps nécessaire pour notre cerveau et notre corps de se réparer, régénérer,… Sept heures parce que c’est ce que la biologie demande.
Je n’ai pas encore eu le temps de lire Pourquoi nous dormons ? du Docteur Matthew Walker, mais ses travaux rassemblent des décennies de recherches sur l’importance du sommeil pour la santé, la mémoire, les émotions et la longévité. Dès que cette lecture sera faite, soit je vous mettrai un commentaire sous cet article soit je vous en parlerai plus longuement dans un prochain article. En attendant, je vous le recommande chaleureusement si vous souhaitez aller plus loin.
Ce que mon propre corps m'a appris sur le sommeil
Je vous ai parlé de mon burn-out de 2020. Ce que je sais aujourd’hui, que je ne savais vraiment pas à l’époque, c’est que des années de mauvaises nuits accumulées ont abîmé quelque chose en profondeur, bien avant que ce burn-out n’éclate.
Les nuits blanches de mes années en Espagne, cette période de grande joie et de grande liberté, je les vivais sans vraiment mesurer ce que je faisais subir à mon corps. J’étais jeune, je récupérais, je faisais des micro-siestes et je croyais que c’était suffisant. Je ne savais pas alors que j’étais déjà une grande stressée, que mon système nerveux était sollicité de façon intense et que ces nuits écourtées, cumulées sur des mois et des années, allaient laisser des traces.
Aujourd’hui, je le mesure concrètement. Quelques nuits perturbées d’affilée suffisent pour que l’impact soit visible : ma concentration diminue et mon énergie est plus fluctuante. Heureusement, j’ai des ressources, méditation, micro-sieste, coucher plus tôt, respect de mon rythme biologique pour m’aider et je sais que ce n’est que momentanée, pour avoir une bonne journée ou réaliser le plus urgent et important, le reste je le décale pour prendre soin de moi. Donc, mon corps m’a appris, à mes dépends, que le sommeil ne se rattrape pas si facilement qu’on le croit. Qu’on ne récupère pas vraiment des années de dette de sommeil et qu’il vaut mieux, vraiment, prévenir que guérir.
Alors, du fond du cœur, mesdames, sans vous juger, de la part d’une personne qui l’a vécue, qui en a fait l’expérience, je vous tend la main et je vous dit : PRENEZ SOIN DE VOTRE SOMMEIL
Et vous messieurs, prenez-vous soin de votre sommeil ?
Si vous êtes fatigué aussi, c’est légitime et je ne le nie pas. La fatigue parentale est réelle pour les deux parents.
Mais avant d’attribuer cette fatigue exclusivement au nourrisson qui apprend encore à faire ses nuits, je vous invite à vous poser quelques questions honnêtes.
Vous couchez-vous vraiment à l’heure que votre rythme biologique réclame ?
ou passez-vous des heures devant la télé, sur des jeux vidéo ou votre téléphone pour vous « reposer » ? or votre cerveau, au contraire, est en état d’alerte, vous l’épuiser encore plus et vous décaler votre cycle circadien bien au-delà de ce qu’il aurait voulu.
Y a-t-il des ronflements réguliers qui pourraient cacher une apnée du sommeil non diagnostiquée ?
Ce sont des pistes sérieuses, qui méritent d’être explorées, pour vous, et pour l’équilibre de toute votre famille, car votre femme aussi à besoin de dormir et de se reposer.
Mesdames, votre sommeil est légitime et il ne peut plus attendre
Mesdames, chères audacieuses, avec toute la douceur et la conviction dont je suis capable, que vous soyez jeune maman épuisée, femme portant une charge mentale silencieuse depuis des années ou simplement quelqu’un qui a intégré depuis si longtemps que son sommeil pouvait attendre que cette idée est devenue une évidence, NON, votre sommeil ne peut pas attendre. Pas sans conséquences sur votre corps, votre santé, votre capacité à prendre soin des autres et de vous-m’aime*.
Vous êtes légitimes et vous avez le droit vous aussi de dormir. Pleinement, profondément, sans vous justifier.
Pas parce que vous l’avez mérité.
Pas parce que vous avez coché toutes les cases de la journée.
Simplement, parce que vous en avez besoin. Parce que votre corps en a besoin et comme celui de n’importe qui d’autre autour de vous.
Cette légitimité-là, elle ne vous est pas donnée par la société. Elle ne dépend pas de ce que vous produisez, de ce que vous gagnez, de ce que vous portez. Elle est à vous. Et peut-être qu’aujourd’hui, vous pouvez simplement commencer à la récupérer cette légitimité.
via un ajustement dans votre organisation. Une conversation dans votre couple. Un soir où vous vous couchez avant d’avoir tout terminé. Un non dit doucement mais clairement.
Un petit pas à la fois. Votre corps vous en sera reconnaissant.
FAQ — Questions fréquentes sur le sommeil des femmes
Le manque de sommeil est-il vraiment dangereux pour une jeune maman ?
Oui, et pas seulement pour elle. Une fatigue chronique diminue la concentration, la vigilance, la résistance à la douleur et les réflexes, ce qui augmente le risque d’accidents domestiques. Une maman épuisée est moins disponible pour elle-même et, paradoxalement, moins disponible pour son enfant. Prendre soin de son sommeil, c’est aussi prendre soin de lui.
Comment préserver son sommeil quand on a un nourrisson ?
Il n’y a pas de formule magique, mais quelques ajustements peuvent faire une vraie différence : partager les nuits avec l’autre parent autant que possible, utiliser les siestes du bébé pour se reposer plutôt que pour rattraper les tâches et poser clairement ses besoins au sein du couple sans attendre d’être à bout. Demander de l’aide à la famille, aux proches, n’est pas une faiblesse. C’est de l’intelligence et prévention.
Le sommeil est-il différent selon les phases hormonales de la vie d’une femme ?
Oui. En périménopause et ménopause notamment, les fluctuations hormonales, chutes d’œstrogènes, bouffées de chaleur, variations de progestérone perturbent souvent la qualité du sommeil de façon significative. C’est précisément pour cela qu’à ces étapes de la vie, le soin apporté au sommeil devient encore plus précieux et mérite une attention particulière.
Qu’est-ce que le livre Pourquoi nous dormons ? du Docteur Matthew Walker apporte sur le sujet ?
Le Docteur Matthew Walker est chercheur en neurosciences et professeur à l’Université de Californie. Son ouvrage, devenu une référence mondiale, rassemble plusieurs décennies de recherches sur les effets du sommeil sur la santé, la mémoire, les émotions, le système immunitaire et la longévité. C’est une lecture que je vous recommande vivement si vous souhaitez comprendre en profondeur pourquoi votre corps réclame ces heures de sommeil et je vous en reparlerai peut-être plus longuement dans un prochain article.
Chères audacieuses, j’espère que cet article vous aidera à poser un regard neuf sur votre sommeil et à vous dire, enfin, qu’il est aussi légitime et aussi important que celui de n’importe qui d’autre.
Prenez soin de vous et de vos nuits.
Et si vous voulez partagez votre expérience ou une lecture, osez, faites-le j’adore vous lire et vous répondre.
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Sophie Ame, Magnétiseuse et biblio-coach à distance, celle qui murmure à votre corps et écoute votre inconscient
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PSS : transcription avec l’aide de l’IA puis je l’ai corrigée et enrichie.