Ce qui m’a aussi touchée dans ce choix, c’est que Colette écrivait ces textes alors qu’elle souffrait d’arthrite et d’arthrose, confinée par la douleur.
Et si je vous dis que ce n’est pas un livre sur la douleur, mais un livre qui nous invite à poser sur notre corps un regard tout autre, plus doux, plus sensuel, plus vivant ?
Un autre regard sur la douleur et sur soi.
Notre rituel de bienvenue, le slow train
Bonjour les audacieuses, comment allez-vous aujourd’hui ?
Je vous propose cet article avec un livre en ce début juin pour garder ce rituel qui s’est créé naturellement en début de mois. Après tout un mois de mai où je vous ai fait découvrir plusieurs livres, des volumineux, des plus petits, des ouvrages de développement personnel, des romans et autres, voici un ouvrage tout petit, encore plus fin qu’un livre de poche : 85 pages à peine.
Mais avant d’aborder ce livre sur le corps, prenons soin du nôtre. Accordons-nous du temps pour nous poser et commençons par notre slow train, notre rituel.
Installez-vous confortablement. Prenez le temps de vous asseoir, de vous allonger ou de trouver la posture la plus adaptée pour vous aujourd’hui. Ajustez votre position, bougez légèrement, observez comment votre corps se place. Prenez aussi le temps d’observer votre respiration.
Expirez, car vous le savez, pour moi c’est essentiel : expirer vous permet de vous détendre, d’indiquer à votre corps votre intention de relâchement. Par moments, cela fait tellement de bien de lâcher, de soupirer, de permettre à votre corps et à vous-même de prendre conscience que peut-être vous étiez sous pression. Il y a ce besoin de se détendre, de souffler, même si c’est en exprimant un « j’en ai marre » ou un « j’en ai ras-le-bol ».
Faites-le autant de fois que vous en ressentez le besoin et n’hésitez pas à répéter ce geste au cours de la journée et durant votre semaine. Félicitations, vous le faites déjà maintenant, pendant cette pause et cette lecture.
Et maintenant, comment allez-vous ? Comment vous sentez-vous ? Quelles sensations ressentez-vous ? Prenez ce temps et écoutez-vous spontanément. Ne cherchez pas à analyser, critiquer ou juger. Non ! Laissez venir et si cela vous convient, je vous propose de continuer et d’explorer ce petit livre de Colette.
« Moi, c'est mon corps qui pense » : un titre qui interpelle
J’ai adoré ce livre, j’ai adoré ce titre. C’est d’ailleurs ce titre qui m’a interpellée, j’étais tellement curieuse de comprendre ce que Colette voulait exprimer derrière « Moi, c’est mon corps qui pense ». Et la quatrième de couverture continue ainsi : « … et le ressent plus finement, plus complètement que mon cerveau. »
Ce titre est extrait de La Retraite Sentimentale. Ce recueil rassemble de courts textes de Colette réunis sous cette formulation magnifique. Qu’en pensez-vous ?
Est-ce que vous aussi vous avez l’impression que votre corps pense ? Qu’il vous communique des informations ? Peut-être que pour les kinesthésiques c’est plus évident, et encore cela dépend aussi de votre pratique et de votre écoute. Mais même si vous êtes plutôt visuelle ou auditive, je suis certaine qu’en prenant le temps d’écouter ce corps, vous pourriez aussi l’entendre respirer, penser.
Redécouvrir ses sens et son corps autrement
Un des courts textes de ce recueil s’intitule Les cinq sens, que c’est peu. Cela vous rappelle peut-être cet article de l’année dernière où je vous invitais à jouer avec vos cinq sens, à les redécouvrir, à les développer, à les pratiquer (https://sophieame.ovh/3-profils-dapprentissage-lies-a-nos-5-sens/).
Rappelez-vous aussi l’article avec le livre de Gloria Steinem, Une révolution intérieure (https://sophieame.ovh/livre-gloria-steinem-une-revolution-interieure/), où elle le constatait et elle n’était pas la seule que : plus nous grandissons, moins nous utilisons nos sens. C’est dommage, car ils font partie intégrante de nous. J’ajouterais aussi : bougez, et pensez à votre sixième sens (https://sophieame.ovh/le-mouvement-un-6eme-sens/), même si ce n’est pas en permanence.
Avec les ponts, les vacances, les grandes vacances qui approchent, c’est peut-être l’occasion de retester ces exercices, voire de les aborder sous un nouvel angle, peut-être cette fois avec des enfants, des neveux, des nièces, qui vous montreront que oui, c’est facile, et surtout vraiment bénéfique de se reconnecter à ce corps, de mieux le connaître et le comprendre. Et c’est d’autant plus précieux de s’y entraîner dans les moments où la douleur n’est pas là pour accaparer toute notre attention.
Explorer sa voix : une expérience libératrice
J’ai suivi une formation en fin d’année dernière sur le chant, mais d’un point de vue thérapeutique. Je ne chante pas des chansons, je ne crée pas de mélodies harmonieuses, ni d’opéra ou autre, c’est plus de l’ordre des vocalises. Je m’exprime beaucoup plus avec ma voix, je chantonne, je fais des sons, des voyelles, des vocalises improvisées.
Suite à cette formation, j’ai vraiment pris goût à le faire quotidiennement. Je me surprends désormais à chantonner, murmurer, comme quelqu’un qui siffle sans s’en rendre compte, et j’en ai besoin. Même cinq minutes, même entre deux séances. J’aime ça, ça me fait du bien, j’y prends plaisir, alors qu’auparavant je détestais m’entendre sur un répondeur ou autre et chanter c’était vraiment compliqué puisque je chantais « faux ».
Heureusement, le coaching vocal puis le podcast et mes montages hebdomadaires m’avaient déjà aidée à l’apprivoiser. Mais cette formation m’a permis de déverrouiller quelque chose de plus profond : une croyance et une peur bien ancrées que je chantais faux, mal, et que c’était horrible.
Alors oui, je chante toujours faux et je ne reconnais toujours pas un do d’un fa, mais ce n’est pas grave, car ici l’objectif n’est pas d’être parfaitement juste. C’est d’être au plus juste pour moi. Il s’agit d’apprendre à vocaliser, chantonner, murmurer, puis d’observer sans me critiquer comment ma voix déraille, comment le A s’ouvre ou ne s’ouvre pas, où le souffle coince, où ça accroche, où ça se crispe. Et tous ces endroits qui ne sont pas justes selon un musicien, ce sont des indicateurs précieux. Des zones où il reste quelque chose à soigner, à travailler avec douceur, jusqu’à ce que petit à petit, tout doucement, cela se répare.
Peut-être que vous aussi vous allez découvrir que chanter, ce n’est pas que chanter juste. Et c’est aussi ce que Colette faisait à la fin de sa vie, confinée avec l’arthrite et l’arthrose, des douleurs insupportables, et pourtant elle cherchait à s’extraire de cette douleur, à voir son corps autrement, ou à se rappeler comment il avait été. C’est une possibilité que je vous offre aussi et peut-être que pour vous ce ne sera pas le chant, mais le toucher, l’écriture, la peinture, le mouvement, peu importe la voie pour arriver petit à petit à prendre toute la mesure de ce corps.
Écouter la douleur sans s'y noyer
Essayez, tentez, observez ce que votre corps vous dit, et même les douleurs, laissez-les s’exprimer, sans vous y focaliser, sans rester figée sur cette douleur intense. Car je sais, ayant récemment souffert d’une migraine atroce où j’avais envie de me fracasser la tête contre le mur, que ce n’est pas en se focalisant sur la douleur que l’on y arrive. C’est plutôt en étant attentive à l’ensemble du corps : en me massant, en dialoguant avec cette migraine, en me répétant des mots apaisants, en essayant de me concentrer sur autre chose tout en tentant de la comprendre. Et petit à petit, elle s’est atténuée. J’ai aussi fait une séance de magnétisme et pris un médicament au bout d’un moment, parce que parfois c’est nécessaire, et c’est bien aussi.
C’est pourquoi, si aujourd’hui tout va bien, ou si certaines parties de votre corps ne vous font pas souffrir, entraînez-vous dans ces moments-là. Apprivoisez, testez, osez et voyez ce que votre corps en pense. Quand vous vous offrez un massage, que vous vous sentez mieux, que votre corps est plus apaisé, c’est un cercle vertueux que vous commencez à mettre en place.
Nous avons un cerveau, mais nous avons aussi un autre cerveau dans notre estomac. Et si nous allions plus loin, vers notre corps tout entier ? Si votre corps est douloureux en ce moment, passez peut-être par votre estomac. Qu’est-ce qu’il vous dit, lui ?
L'image de notre corps : une perception souvent faussée
Nous avons souvent, nous les femmes, une image erronée de notre corps. Une projection déformée, même quand les autres nous voient autrement. Je l’ai vécu moi-même. Après mon burn-out, j’ai perdu 10 kg progressivement. Mon médecin me le confirmait. Et pourtant, dans mon miroir, je me voyais encore comme avant, les cuisses toujours aussi volumineuses. Il m’a fallu beaucoup de temps pour intégrer ce nouveau corps, et c’est passé surtout par le toucher, pour me rendre compte que oui, ce corps avait changé. Et même ce changement en mieux a été difficile à accueillir.
Alors essayez, tentez, voyez ce que votre corps vous dit, et même les douleurs, laissez-les s’exprimer. Observez votre corps avec curiosité plutôt qu’avec jugement.
Nouveau regard, nouvelles possibilités
Mon podologue est parti à la retraite et j’ai consulté un nouveau cabinet, avec une certaine appréhension je l’avoue, parce que j’aimais beaucoup sa philosophie, sa façon de prendre soin de moi et de mes pieds. Et pourtant, ce nouveau regard professionnel a mis le doigt sur un point que nous n’avions jamais identifié. J’aurai toujours ma semelle sur mesure, mais on va travailler différemment. Et je suis certaine que mon corps va en bénéficier, peut-être vers plus de stabilité et qui sait, un jour sans semelles.
Comme toujours, les « béquilles » sont utiles le temps qu’on apprenne, qu’on reprenne confiance. Mais une fois les bases acquises, c’est un peu comme l’enfant qui lâche le meuble pour ses premiers pas : il faut oser marcher seule, juste pour voir, juste pour découvrir qu’on en est capable. Même s’il est rassurant de savoir que quelqu’un sera toujours là si besoin.
Et votre corps, il vous dit quoi en ce moment ?
Voilà comment 85 pages peuvent ouvrir tout un univers de reconnexion.
Si cette approche vous parle, si vous vivez avec des douleurs et cherchez des voies douces pour mieux habiter votre corps, ma newsletter est faite pour vous. Toutes les 2 semaines, je vous invite à écouter votre corps autrement, je vous propose des ressources pour avancer à votre rythme. Je m’inscris à la newsletter : https://dashboard.mailerlite.com/forms/726666/132092101295866932/share.
Partagez en commentaire quel livre vous appelle en ce moment. Et ensemble, explorons ce que votre bibliothèque intérieure a à vous révéler.
Je vous souhaite une magnifique journée, un beau week-end ou une belle semaine et une magnifique exploration de vos 5 ou 6 sens.
PS : Vous pouvez écouter ou réécouter cet épisode sur Apple Podcast, Goodpods, Amazon Music, Castbox, Spotify, Deezer, YouTube https://youtu.be/ef8eu4W6PuI… en tapant Osez une autre voie. Bonne écoute !
PSS : Transcription avec l’aide de l’IA seulement pour la structure.