Mon retour d'expérience — 4 leçons & 6 bénéfices inattendus

Chères audacieuses, cette femme pleine d’audace, elle est en vous. Peut-être un peu endormie, un peu oubliée… mais elle est là.

Le burnout féminin, on en parle de plus en plus — et pourtant, l’image qu’on en donne reste souvent trop sombre, trop lourde, trop définitive.

Aujourd’hui, je veux vous emmener avec moi dans un voyage dans le temps. Prenons le train ensemble — vous savez que c’est mon univers, ma métaphore de prédilection. Et avec le train, on peut remonter le temps car je me suis rendue compte que cette épisode 1 de mon podcast, je ne l’avais jamais mis en article. Il était temps. Et puis, nous allons remonter encore plus dans le temps jusqu’à mon propre burnout. Prendre le recul nécessaire pour en voir, enfin, toute la richesse.

Oui, vous avez bien lu : la richesse d’un burnout. Je sais que ça peut sembler paradoxal. Alors laissez-moi vous expliquer.

Pourquoi parler de mon burnout ?

Le 9 janvier 2020, j’ai vécu ce que j’appelle aujourd’hui un tournant décisif. Mon quatrième burnout. Ce jour-là, je ne savais pas encore que tout allait basculer — non pas dans le chaos, mais vers quelque chose de profondément transformateur.

Ce burnout, je veux vous en parler parce qu’il m’a faite. Il a révélé la femme que je suis aujourd’hui. Et parce que l’image qu’on en donne est encore trop sombre, trop lourde, trop définitive. On en parle comme d’une longue maladie. Comme d’une honte. Comme d’une chute sans fond.

« Le burnout n’est pas une fatalité. C’est souvent un signal. Un stop salvateur que votre corps envoie quand vous n’êtes plus capable de vous arrêter vous-même. »

Pour moi, il a fallu six mois pour rebondir. Six mois qui m’ont semblé une éternité par moments, et qui m’en ont pourtant appris plus sur moi-même que toutes les années précédentes. Alors oui, c’est douloureux. Oui, cette douleur psychique est réelle, profonde, épuisante. Mais elle porte en elle quelque chose d’essentiel : un message à décoder.

Les 4 leçons que m'a offertes mon burnout

Et si le burnout était un cadeau déguisé, retour d'expérience positive de Sophie Ame

1. Le sommeil n'est pas un luxe — c'est une nécessité vitale

La première chose que j’ai comprise — vraiment comprise, dans mon corps — c’est l’importance du sommeil. Pendant plus d’un an, je n’avais pas dormi. Pas vraiment. Quelques heures, à peine réparatrices, nuit après nuit.

Ce n’est que le jour du burnout, en relisant mes e-mails du matin même, que j’ai vu l’étendue des dégâts. Des fautes de syntaxe que je n’aurais jamais laissées passer. Un cerveau qui tournait encore, mais à vide. Épuisé jusqu’à la moelle.

« Quand on manque de sommeil sur la durée, ce n’est pas juste de la fatigue. C’est notre clarté mentale, notre jugement, notre lucidité qui s’effritent — silencieusement. »

Aujourd’hui, le sommeil est non négociable pour moi. C’est la base de tout. Et je vous en ai déjà parlé dans un ancien article (https://sophieame.ovh/som/), parce que ce sujet mérite bien plus qu’une parenthèse.

2. S'entourer des bonnes personnes — et les chercher avec patience

Le deuxième enseignement est peut-être le plus douloureux à traverser : celui de la solitude dans la souffrance. Au plus profond du burnout, on a envie de se terrer. De se cacher sous la couette et de ne voir personne.

Et pourtant — c’est précisément dans ces moments-là que l’entourage compte le plus. Pas n’importe quel entourage. Des personnes bienveillantes, capables d’être présentes sans juger, sans résoudre, sans minimiser.

J’ai moi-même tâtonné. La première thérapeute que j’ai consultée ne me convenait pas — et mon corps l’a su bien avant ma tête. Lors de la deuxième séance, sans raison apparente, je me suis retrouvée avec des ampoules de sang sous chaque pied, au point de ne presque plus pouvoir marcher. Une thérapeute rencontrée plus tard m’a expliqué que c’était mon corps qui avait fait en sorte que je l’écoute, enfin. Que je me fasse confiance.

« Votre corps sait. Quand quelque chose ou quelqu’un ne vous convient pas, il vous le dit — parfois avec une douceur que vous ignorez, parfois avec une douleur que vous ne pouvez plus ignorer. »

Trois personnes ont finalement su m’accompagner avec justesse : mon médecin généraliste, qui a attendu que j’accepte le diagnostic sans jamais forcer ; un psychiatre qui m’a aidée à comprendre que j’étais dans un état dépressif temporaire, et non « en dépression » pour toujours — une nuance qui a changé beaucoup de choses pour moi (avec une mère bipolaire qui a longtemps était diagnostiquée comme dépressive) ; et Laurence, une réflexologue, qui a pris soin de moi sans avoir à parler car j’en était incapable au début, les mots étaient impossibles. Puis Corinne, psychothérapeute, qui a su me redonner confiance et m’accompagner vers une image de moi-m’aime* (jeu de mot) plus juste et plus douce.

Chercher les bonnes personnes prend du temps. Ne vous découragez pas si la première tentative ne fonctionne pas. Vous méritez un accompagnement qui vous ressemble vraiment.

3. Prendre du temps pour soi — même quand ça fait mal

Voilà peut-être la leçon la plus contre-intuitive. Parce que quand on est épuisée psychiquement, prendre du temps pour soi peut ressembler à une torture supplémentaire. On se sent inutile. On a l’impression de perdre du temps. On voudrait déjà aller mieux.

Et pourtant, c’est dans cet espace inconfortable, silencieux, parfois vertigineux — que les vraies questions émergent. Pas le « pourquoi » qu’on donne aux autres pour se justifier. Le « pourquoi » qu’on se pose pour soi. Celui qui mène à une réponse vraie.

Ce burnout m’a fait réaliser que j’en avais probablement vécu trois autres avant — à l’époque du brevet, et surtout du bac (car là aussi j’ai eu un trou noir) qui n’avaient jamais été nommés, mis sur le compte du stress des examens en oubliant l’environnement dans lequel je vivais et que je n’ai jamais vraiment traversés parce que je n’avais pas le temps de m’arrêter pour comprendre. Puis il y a eu, cet épuisement après un CDD de 6 mois très éprouvant, où là aussi, je me suis rendue compte qu’il était dû au harcèlement moral que j’avais subi.

« Le burnout, c’est une voie sans issue. Votre corps vous arrête parce qu’il n’y a plus d’autre chemin. Mais cet arrêt-là, s’il est bien traversé, ouvre vers quelque chose de nouveau. »

4. Prendre soin de soi dans sa globalité : corps, cerveau et énergie

La guérison ne se joue pas que dans la tête. Elle se joue dans le corps et dans l’énergie, dans les petits gestes du quotidien qui remettent les compteurs à zéro, doucement.

Pour moi, cela a commencé par le magnésium — parce que j’avais tout cramé — et même par des goûters, une habitude que j’avais complètement abandonnée. Mon corps en avait besoin, et pour la première fois, je l’écoutais. Puis il y a eu le mouvement : pas le sport héroïque, juste bouger. Quelques gestes. Prendre l’air. Evacuer ce trop-plein émotionnel par le corps, en marchant, parce que les mots ne suffisaient pas toujours.

Et puis l’énergie — au sens large. J’avais, sans m’en rendre compte, une responsable qui m’épuisait au quotidien. Elle se plaignait en permanence. Elle ne le faisait pas exprès. Mais dans un moment où mes réserves étaient déjà à sec, cette présence me vidait chaque jour un peu plus.


Conseil : faites attention aux personnes qui vous entourent, surtout dans les périodes de fragilité. Ce n’est pas une métaphore : certaines personnes nous épuisent, vraiment.

Les 6 bénéfices inattendus de mon burnout

Oui, j’ose le mot : bénéfices. Je sais qu’il peut surprendre, voire heurter. Parce qu’on n’associe pas spontanément burnout et bénéfices. Mais c’est précisément parce que ce burnout — celui de janvier 2020 — m’a ouvert les yeux, m’a permis d’examiner ma vie sous toutes ses coutures, que je peux aujourd’hui en parler ainsi. Pas pour minimiser la douleur traversée. Mais pour lui rendre justice : elle m’a transformée.

1. Une gratitude profonde envers mon corps

Le premier bénéfice, et sans doute le plus fondateur, c’est la gratitude. Une gratitude immense, sincère, envers ce corps qui a osé tirer la sonnette d’alarme quand moi je n’en étais plus capable — et que mon cerveau, lui aussi cramé, ne pouvait plus non plus.

Ce qui me touche encore aujourd’hui, c’est le timing. Mon corps a choisi de s’effondrer à la maison. En sécurité. Cela aurait pu m’arriver dans le métro, pendant un trajet à pied, dans un espace public où cela aurait été autrement plus grave. Alors oui, je remercie ce corps qui, même à bout, a su veiller sur moi.

« Mon corps savait ce que je refusais encore de voir. Il a agi à ma place, avec une sagesse que je n’avais pas. »

Depuis, j’ai appris à l’écouter vraiment. À recevoir tous les signaux qu’il m’envoie — et ils sont nombreux, bien plus subtils qu’un effondrement — comme des informations précieuses plutôt que comme des gênes à faire taire.

2. La découverte de ma nature kinesthésique

Ce burnout m’a offert une révélation sur moi-même que je n’aurais peut-être jamais faite autrement : je suis kinesthésique. Cela signifie que je ressens les choses avant de les voir, avant même de pouvoir les formuler. C’est ma manière première d’être au monde.

Or pendant des années, j’avais travaillé à contre-courant de cette nature. J’avais sur-développé le visuel — parce que c’est la modalité dominante dans notre culture, dans nos environnements professionnels — au point d’avoir complètement oublié cette connexion au corps qui est pourtant ma vraie force. Nous sommes environ 20% de la population à fonctionner ainsi, en premier lieu par le ressenti. Ce n’est pas un défaut. C’est une intelligence comme les 2 autres (visuelle et auditive).

C’est le magnétisme qui m’a permis de me reconnecter à cette dimension. Via mes mains, via l’énergie que je concentre et que j’envoie, j’ai retrouvé ce lien à moi-m’aime* que j’avais perdu. Et c’est avec ce même lien que j’accompagne aujourd’hui les femmes qui viennent me voir.

« Se reconnecter à son corps, ce n’est pas un luxe spirituel. C’est retrouver l’accès à une intelligence qu’on portait depuis toujours. »

3. La relation amoureuse : une épreuve qui a tenu bon

On pourrait croire qu’un burnout emporte tout sur son passage — le travail, la santé, et parfois aussi l’amour. Et il est vrai qu’il y a des croyances tenaces autour de cela. Que tout doit changer. Que rien ne peut rester comme avant.

Pour moi, ce n’est pas ce qui s’est passé. Mon compagnon et moi avons traversé des moments très difficiles. Des instants de doute, d’incompréhension profonde, de malentendus qui s’accumulaient. Ce n’était pas simple. Ce serait faux de vous dire que le burnout n’a rien changé entre nous.

Et pourtant — nous sommes toujours ensemble. Nous avons surmonté cette épreuve. Et comme quoi, il est possible de ne pas tout abandonner, de ne pas tout changer de fond en comble. Certaines choses résistent. Certains liens tiennent, et en ressortent différents, plus solides d’une certaine façon.

« Le burnout n’oblige pas à tout reconstruire à zéro. Parfois, il révèle ce qui mérite vraiment d’être gardé. »

4. Une nouvelle relation avec mon père

Celui-là, je ne l’avais pas vu venir. Et c’est peut-être le bénéfice qui me touche le plus encore aujourd’hui.

Depuis quelques années, j’avais coupé les ponts avec mon père. Suite à des malentendus, à des incompréhensions, à une non-écoute mutuelle — de lui vers moi, de moi vers lui. Une distance qui s’était installée sans qu’on l’ait vraiment choisie, et que ni l’un ni l’autre ne savait comment combler.

Grâce à ce burnout — par ricochet, sans que j’aie pu l’anticiper — quelque chose s’est rouvert. J’ai pu renouer avec lui. J’ai appris à l’écouter autrement. À me faire entendre aussi. À poser un regard différent sur notre histoire. Ce n’était pas un travail facile. Mais c’est une des plus belles surprises que cette période m’ait offertes.

Aujourd’hui, mon père est mon meilleur soutien dans ma nouvelle activité. Lui qui aurait peut-être sourcillé à d’autres moments de ma vie devant le mot « magnétisme » est aujourd’hui celui qui me porte, qui croit en ce que je fais, qui me dit que je suis à ma place. C’est une joie immense. Je suis heureuse et fière de cette relation père-fille retrouvée.

« Parfois, c’est dans les épreuves les plus intenses que les liens les plus importants trouvent enfin la place de se renouer. »

5. Un épanouissement professionnel enfin pleinement vécu

Ce burnout m’a menée vers ma quatrième reconversion professionnelle. Et c’est la première où je me sens pleinement moi-m’aime*. Pleinement épanouie. Pas en train de m’adapter à un moule qui ne me correspond pas, mais vraiment à ma place.

Magnétiseuse, bibliothérapeute, coach holistique à distance — ce sont des métiers qui nourrissent ce que je suis profondément. Ce besoin d’aider que j’avais depuis toute petite, cette envie de soulager, d’accompagner. Longtemps, je me disais que je voulais aider les autres. Aujourd’hui, enfin, c’est une réalité.

Et il y a quelque chose d’autre que j’apprécie profondément dans ce choix : le magnétisme est devenu mon garde-fou. Pour ne pas me perdre à nouveau. Parce que je dois prendre soin de moi, me ressourcer correctement, veiller sur mon énergie — si je veux être vraiment présente et donner des séances de qualité aux personnes qui viennent vers moi. Cette activité m’oblige, dans le bon sens du terme, à continuer de m’écouter.

« Ce que j’avais rêvé toute petite — aider, soulager — est devenu mon métier. Le burnout m’a donné le courage de l’oser vraiment. »

6. La fierté d'un parcours osé — et d'un rebond inattendu

Le dernier bénéfice, c’est peut-être le plus intime. C’est la fierté. Pas l’arrogance — la fierté tranquille de quelqu’un qui a traversé quelque chose de difficile et qui en est sortie différente, plus vraie.

Franchement — et je veux être honnête avec vous — à l’époque du burnout, je ne pensais pas rebondir aussi vite. Je ne pensais pas que j’aurais un jour l’occasion de tester ce rêve d’adolescente : travailler dans une librairie. Même si cette expérience n’a duré qu’un an et ne m’a pas menée à en faire mon métier, elle m’a permis de combler un regret que je n’aurai plus jamais. Et surtout, elle m’a redonné confiance en moi. Elle m’a montré que j’étais capable d’oser, d’essayer, de me lancer dans quelque chose qui me ressemble.

De plus en plus de femmes rebondissent après un burnout. Je ne suis pas un cas isolé — même si on a souvent l’impression d’être seule quand on le traverse. Si vous portez encore une image sombre de ce que vous vivez ou avez vécu, je vous invite à la questionner. Le burnout n’est ni contagieux, ni une maladie définitive, ni une fatalité en soi.

« Je ne pensais pas rebondir aussi vite. Et pourtant. Si j’ai pu le faire, vous le pouvez aussi. »

Et si vous faisiez le premier pas ?

Si cet article vous a touchée — si vous vous êtes reconnue dans certains passages, si quelque chose a résonné dans votre corps en le lisant — alors peut-être que ce n’est pas un hasard.

Le burnout féminin laisse des traces profondes : une fatigue qui ne passe pas, des douleurs sans explication médicale claire, un sentiment d’être déconnectée de vous-même. C’est précisément mon accompagnement : vous aider à retrouver votre chemin par le corps, à votre rythme.

« Vous n’avez pas à traverser ça seule. Et vous n’avez pas à attendre d’être à bout pour demander de l’aide. »

Si vous souhaitez en savoir plus sur mon accompagnement, je vous invite à lire ma page accompagnement https://sophieame.ovh/mes-accompagnements/ ou simplement me poser une question et je vous invite à me m’écrire directement à contact@sophieame.ovh.

La première étape, souvent, c’est juste oser dire que l’on a besoin d’un autre regard.

En conclusion

Si vous reconnaissez dans ces mots quelque chose de votre propre vécu — cette fatigue profonde, cette douleur psychique que personne ne voit vraiment, cette impression d’être à bout sans pouvoir l’expliquer —, sachez que vous n’êtes pas seule.

Le burnout n’est pas une honte. Ce n’est pas non plus une fatalité. C’est un message. Un message fort, souvent douloureux, que votre corps et votre psyché vous envoient quand tout le reste a échoué à vous arrêter.

La route de la reconstruction est singulière. Elle demande du temps, un bon entourage, et beaucoup de douceur envers vous-m’aime*. Mais elle existe. Et elle peut vous mener — comme elle m’a menée — vers une version de vous-m’aime* que vous n’auriez peut-être pas osé imaginer.

Pour aller plus loin, je vous recommande :

  • le podcast « Et si on avançait ? » de Marielle, orienté vers les entrepreneuses : épisode 143. Burnout entrepreneurial : Reconnaitre et réagir aux signes à temps
  • Et côté lecture, le roman de Gaëlle Josse, Ce matin-là (que je développe plus avec un autre livre dans cet article https://sophieame.ovh/2-livres-sur-le-burnout-et-pas-que/, qui retrace avec finesse le chemin de la chute… et du rebond.

 

Prenez soin de vous, chères audacieuses. 

PS : Si vous voulez écouter cet épisode ou le réécouter, vous le pouvez sur votre plateforme préférée (Apple Podcast, Goodpods, Amazon Music, Castbox, Spotify, Deezer, YouTube https://youtu.be/_bYIJajNHpQ…) en tapant « Osez une autre voie ». Bonne écoute ! 

PSS : transcription de l’audio avec l’aide de l’IA que j’ai ensuite corrigée.

4 réponses

  1. Et si au contraire, vous cherchez un petit livre (87 pages) pour retrouver le goût à la vie, alors lisez « Le sel de la vie » de Françoise Héritier. Liste non exhaustive et personnelle à l’auteure qui vous inspirera, je l’espère, et vous permettra de vous remémorer vos propres souvenirs, sensations, expériences vécues avec tous vos sens. Belle lecture

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